Chroniques d'albums
29 janvier 2018
Le libre folklore de Melissa Laveaux
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Le libre folklore de Melissa Laveaux

La canadienne Melissa Laveaux replonge dans le folklore haïtien pour en tirer un disque d’une modernité éclatante.

Sur son premier album, Camphor and Copper (2008), Melissa Laveaux reprenait magistralement, au milieu de ses compositions personnelles, le Needle in the Hay d’Elliott Smith ainsi que déjà Dodo Titit, une berceuse traditionnelle haïtienne. C’était l’amorce d’un projet mené à bien près de dix ans plus tard avec un album entier consacré au pays de ses parents, Radio Sywèl. Mais à l’image de l’exercice de la reprise dans lequel elle excelle (on conseillera sa version de Hash Pipe de Weezer sur son deuxième album Dying is a Wild Night, 2013), sa ré-interprétation du folklore local n’est pas un exercice de fidélité absolue. A l’occasion d’un voyage en 2016, Melissa Laveaux a exploré le patrimoine musical de l’île et en a retenu plus l’essence et l’âme que les interprétations exactes : morceaux imaginés à partir de bribes de textes trouvés, rythmiques revues et corrigées, ambiances transformées en mélodies… Avec sa patte inimitable, elle transforme tout en petites anthologies et donne un grand coup de modernité dans la poussière folk : Tolalito, Legba Na Konsole ou surtout l’emballant Nibo, en exemples parfaits de chansons lookées rock, le créole haïtien semblant presque plus pertinent que l’anglais pour conter révoltes ou légendes et, à grand coups de guitares électriques et de percussions subtilement arrangées, leur donner une atemporalité magnifique. Grand album de musique de plusieurs mondes…

Julien Courbe

MELISSA LAVEAUX – Radyo Siwèl
(No Format)
Sortie le 02/02/2018
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