Chroniques d'albums
12 mars 2012
Revolver - Let Go
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Revolver - Let Go

Il y a chez les jeunes Parisiens un je-ne-sais-quoi indéfinissable, une forme d’imperméabilité absolue et d’absence de préhension normative qui décourage d’emblée toute forme d’exercice critique. Que dire, une fois de plus, de cette musique si parfaitement lisse, si dépourvue de la moindre aspérité, et sur laquelle les arguments semblent devoir glisser aussi irrémédiablement que notre intérêt ? Que penser de ces jolies chansons, de ces harmonies à trois voix bien en place, de ces mélodies plutôt agréables mais bien trop convenues pour susciter l’enthousiasme, bien trop inoffensives pour déchaîner la haine ?

Photobucket

On pourrait toujours s’en tenir à une description précise, tenter de déceler les traces d’une évolution musicale timide mais réelle et se réjouir qu’après avoir découvert The Beatles, Revolver convoque désormais le fantôme de Crosby, Stills & Nash (Losing You) et s’aventure sur les terres contemporaines de Phoenix (Wind Song, Let’s Get Together). On pourrait tout aussi bien surjouer l’emportement en s’offusquant du fait que le trio ait réussi à décrocher dès ses débuts une timbale dorée convoitée par d’autres tout aussi doués et peut-être même plus méritants. Dans les deux cas, on réussirait mal à restituer l’état de profonde indifférence dans lequel nous plonge Let Go, sorte de pompe à vide émotionnelle, plus lénifiante que laxative. Dans le jargon, on appelle ça l’effet Cocoon.

Matthieu Grunfeld

Partager sur Facebook Partager sur Twitter