Chroniques d'albums
3 mai 2018
Les profonds tourments de Daniel Blumberg
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Les profonds tourments de Daniel Blumberg

En pleine rupture amoureuse, une semaine après s’être fait hospitaliser pour des raisons psychologiques, Daniel Blumberg s’est retrouvé à enregistrer en seulement cinq jours son premier album solo, Minus, durant un séjour au Pays de Galles. Accompagné du producteur Peter Walsh, du violoniste Billy Steiger, du contrebassiste Tom Wheatley et du batteur Jim White, l’ancien de Yuck ou de Cajun Dance Party livre un disque d’une beauté incroyable, qui subjugue par son spleen d’une dureté palpable. Les profonds tourments de Blumberg trouvent un écho dans des guitares brutes, des cordes presque passionnelles et un piano nostalgique. Sur Madder, l’Anglais de 27 ans triture pendant plus de douze minutes des mélodies fascinantes et achève sa formidable symphonie dans un capharnaüm de sons improvisés et dévastateurs. Autour, il montre sa maîtrise parfaite entre déchaînement de distorsions (The Fuse) et accalmies apaisantes (Stacked). Minus se clôt sur Used To Be Older qui, au moins sur la forme, se veut plus lumineuse grâce à des chœurs puissants. D’une tristesse exaltante, Blumberg trouve enfin l’écriture unique qu’il recherchait et signe une œuvre bouleversante.

Luc Magoutier

Minus
(Mute / Pias) – 04/05/2018

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