Listomania
31 décembre 2018
« Trop de talent pour être célèbre » : Le Top 2018 de François Llorens
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

« Trop de talent pour être célèbre » : Le Top 2018 de François Llorens

TOP DE FIN D’ANNÉE. Les rédacteurs de Magic délivrent tous les jours leur Top 2018, sous la forme d’une liste de 10 albums, assortie d’un texte de mise en relief. Épisode 20 avec François Llorens.

 

  1. ALBERTO MONTERO, La Catedral sumergida (BCore Disc)
  2. KIM, Blues de geek manifesto débarrassé(mk label/believe)
  3. REFREE, La Otra Mitad  (Glitterbeat/roughtrade/balades sonores)
  4.  GRAND VEYMONT, Route du vertige (Objet Disque)
  5.  DAMIEN JURADO, The Horizon Just Laughed (Secretely Canadian)
  6.  CYRIL CYRIL, Certaines Ruines (Les Disques Bongoe Joe / Born Bad Records)
  7.  TH DA FREAK, T-Sides (Hownlin’ Banana Records)
  8.  TÆNIA, Valse à Satan (Et mon cul c’est du tofu?)
  9.  MIND FIELD, Pasar de las Luces (Innovative Leisure)
  10. JIM BALLON, Drying Stuff Woodfire (Ideal Crash)

Un rédacteur chez Magic, c’est avant tout un passeur de culture pop. Mais de quel type de pop parlons nous ici? Sans snobisme, je souscris à la pop des oubliés, celle des seconds couteaux, ceux que je nomme les « frondeurs de l’Outre-culture ». Ceux et celles qui, comme le dit Jean-Louis Murat, font « à la manière du petit artisan bio« , sans le tremplin médiatique de l’industrie du disque.

Qu’ils soient auto-produits ou issus des labels qui comptent le plus actuellement à mes yeux (Objet Disque, Born Bad, Tricatel) ce « topito » révèle simplement les musiciens qui ont le plus tourné dans mon casque cette année. De la mélodie folk d’une simplicité déchirante au vacarme shoogaze scotchant, en passant par des nappes analogiques grisantes, ces LPs m’auront suspendu un instant et exalté souvent.

Dans cette liste, le taux d’artistes venant de la péninsule ibérique est anormalement élevé. Les groupes indie espagnols traversent difficilement les Pyrénées et mon radar reste ouvert dans cette direction en raison de mes origines. Malgré des efforts, je suis suis resté accroché aux cadorsdes nineties : Los planetas et Migala.  J’ai pu découvrir l’année dernière Alberto Montero en première partie de Eloise Decazes & Eric Chenaux grâce à What a Mess! Records et au tourneur Cyril Moya qui organisa un concert en appartement à Toulouse. Véritable Piers Faccini chantant dans la langue de Cervantes, il joua en solo avec sa guitare classique et interpréta des chansons mélancoliques tirées de ses précédents albums. Arco mediterraneo (2015)  et Puerto Principe (2013) sont deux  disques aux mélodies radicalement chantantes que nous attendions tous de Brian Wilson.

Avec La Catedral Sumergida, le Valencien, catalan d’adoption, s’éloigne de manière surprenante du songwriting pour se rapprocher d’un genre nouveau: de la pop de chambre. Sa cathédrale nous submerge par des thèmes de piano à la Debussy et du violoncelle onirique. Ce nouveau disque est peut-être le moins calibré pop, le plus subtilement orchestré et les compositions sont toujours aussi subjuguantes. Alberto Montero a, comme quelques uns, trop de talent pour être célèbre.

FRANÇOIS LLORENS chronique quelques disques pour Magic depuis 2018. Il est rédacteur pour Les Musicophages et producteur/animateur de Propagande Musicales, une émission qui décloisonne la musique et les esprits, sur rdautan.fr
Partager sur Facebook Partager sur Twitter