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12 avril 2018
Le Selectorama de Charles Howl
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Le Selectorama de Charles Howl

Danny Nellis, bassiste des Proper Ornaments, s’est aussi lancé depuis 2015 dans une jolie embardée en solo sous le nom de Charles Howl. Son deuxième album, My Idol Family, est bâti autour des deux thèmes mentionnés dans le titre. De passage à Paris, on se devait de demander à ce Londonien d’adoption quels sont, justement, les albums que lui idolâtre.

Je ne me considère pas comme un ‘fan boy’, nous prévient-il d’emblée. Car, je suis très difficile quand on en vient aux idoles. Mais je me rends compte qu’il y a quelques artistes dont je n’arrive pas à me départir.”

Et pourtant, c’est un des fils rouges de son très beau deuxième album, une indie pop délicatement orchestrée de cordes. “Je n’ai pas vraiment choisi ce thème, raconte-t-il. Ça n’est que rétrospectivement, quand il fallait mettre en place l’album que je me suis rendu compte qu’ inconsciemment, il s’était imposé.

Le premier disque que tu as acheté

La B.O. de Men in Black (1997)

 


Je suis honnête. J’aurais pu te dire White Light/ White Heat (1968) du Velvet Underground, mais ç’aurait été un mensonge ! C’est mon premier souvenir d’achat musical, une super cassette que j’écoutais inlassablement. C’est aussi un super film ! (rires) Mais aujourd’hui, ce n’est définitivement pas une musique que je garde dans mon panthéon personnel.

L’album que tu aimes quand tu es mélancolique

Devo Q: Are We Not Men? A: We Are Devo! (1978)

J’en parlais avec mes amis l’autre jour. Quand je suis triste, j’essaie de ne pas écouter un album triste, et généralement, je passe un Devo ou quelque chose plein de cette anti-tristesse. Notamment Q: Are We Not Men? A: We Are Devo!. Leurs albums sont toujours fun et pleins d’une énergie nerveuse.

L’album que tu aimes quand tu es plein de joie et d’allégresse

Pulp. Different Class (1995)

Sans hésitation. J’ai 28 ans et ça me fait me sentir comme si j’étais un adolescent. Jarvis Cocker, pour tout ce qu’il fait de la musique jusque-là qualité des paroles. C’est une énorme influence pour tout le groupe. Et Pulp fait partie de ces “gros groupes”, aux côtés d’Oasis et Blur, avec lesquels on a grandi et qui sont toujours actuels ! Plus j’y pense, plus je me dis que c’est aussi mon album préféré de brit pop. Plus jeune, j’étais un énorme fan de Blur – je le suis toujours –, mais aujourd’hui je trouve que Pulp a quelque chose de moins “Oi!” (ndlr., il singe le phrasé cockney des couplets de Parklife).

Ton album favori de Damon Albarn

Blur – Thirteen (1999)

J’adore le fait que ce soit un peu partout. C’est un des albums duquel je m’inspire – même si je n’aime pas enregistrer pour “sonner comme” – et c’est un disque qui me guide quand je perds confiance en moi. Ça me rappelle que tu peux faire ce que tu veux. J’aime cette manière expérimentale d’être sur tous les fronts. Et dès mon plus jeune âge, Albarn m’a influencé par son écriture également. Blur, chez moi, c’est quelque chose de très nostalgique.

Ton album favori de John Lennon

John Lennon – Mind Games (1973)

Je l’adore pour la chanson Out of the Blue. C’est un morceau que j’écoutais toujours dans les aéroports. Impossible de m’expliquer pourquoi ! (rires). Au départ, c’était juste une coïncidence, mais progressivement je suis devenu complètement obsédé par cette ligne de basse. Mais je l’ai un peu trop écouté en 2017, du coup je fais un break.

La musique que tu écoutes dans les aéroports en 2018

Arthur Russell – Instrumentals (1983)

En ce moment, je passe par une grosse phase Arthur Russell, et quand j’attends pour embarquer, j’écoute cet album. Comme Damon Albarn, c’est quelqu’un qui fait tout, de la musique électronique, de la musique acoustique… J’aime le fait que ce soit qu’il soit absolument passionné, dans un rapport un peu obsessionnel à la musique. Dans le documentaire Wild Combination (2008), on réalise qu’il n’était jamais satisfait ! Sans me comparer à Arthur Russel, je suis un peu obsessionnel comme lui. Le texte, la guitare… Je songe tout le temps à ma musique, jour et nuit. Ça rend mon entourage malade (rires). Je n’ai pas de routine de travail… Peut-être que je devrais… Ça me rend un peu fou aussi (rires).

L’album auquel tu aimerais rendre justice

Leonard Cohen – Death of a Ladies Man (1977)

Sans hésitation encore ! C’est un album produit par Phil Spector. À l’époque, il a été perçu comme un désastre absolu et si je ne me trompe pas, Cohen ne voulait pas le sortir. Spector lui aurait fait une seule prise de voix – que Cohen trouvait ignoble – et l’a fait sortir tel quel. Je l’ai découvert il y a deux ou trois ans. Death of a Ladies Man est vraiment un album merveilleux. Pendant les sessions d’enregistrement de My Idol Family, on l’écoutait beaucoup le soir et ça a pu influencer au niveau de l’orchestration et des cordes. Pour certains concerts, on joue avec un quatuor de cordes. Mon rêve ! On arrive à retrouver en live cette orchestration, mais on ne peut pas le faire tous les soirs, à mon grand regret.

Benjamin Pietrapiana

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