Chroniques d'albums
14 mai 2018
La fascinante obscurité de John Maus
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La fascinante obscurité de John Maus

Addendum : se dit d’une chose que l’on a ajoutée a posteriori. Extrait des sessions d’enregistrement de Screen Memories, son excellent album sorti en 2017 (coup de coeur Magic), Addendum n’a pourtant rien d’une pièce rajoutée. John Maus livre une partition spontanée, plus sauvage que jamais. Le compositeur originaire d’Austin continue dans ce qu’il sait faire de mieux : une pop froide, industrielle et limite christique. Les reverbs, poussées au maximum, viennent servir une voix qui flotte sur les beats répétitifs et des lignes de synthés glaciales qui restent les étendards du style propre à cet esthète du son. Cet ancien camarade de classe d’Ariel Pink s’autorise des compositions qui tranchent avec la pop de Screen Memories, comme le morceau lunaire Privacy. Une chanson comme Figured it Out rappelle les créations les plus obscures du Maus de l’époque We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves, tandis que 1987 semble ouvrir une nouvelle facette du minimalisme de cet ancien professeur de philosophie. L’album s’achève sur I Want To Live, une incantation suppliciée. Un rayon de lumière dans la fascinante obscurité de l’œuvre de John Maus.

Charles Delouche Bertolasi •••••°

JOHN MAUS
Addendum
(Domino Records) – 18/05/2018
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