Concert
20 août 2018
Jonathan Bree, l’invité surprenant de la Route du Rock 2018
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Jonathan Bree, l’invité surprenant de la Route du Rock 2018

Convoqué au pied levé pour remplacer John Maus au coeur de la Route du Rock 2018, le Néo-Zélandais Jonathan Bree a sidéré une partie du public par son univers singulier, qui le pousse notamment à se produire sur scène grimé d’une combinaison moulante qui lui englobe le visage.

On salivait à l’avance, à l’approche de la Route du rock, d’entendre résonner dans l’enceinte du Fort de Saint-Père le splendide Hey Moon de John Maus. L’Américain a malheureusement dû annuler sa venue après la mort brutale, fin juillet, de son frère Joe, qui assurait la basse sur ses tournées. Mais son remplaçant a convoqué la lune pour lui.

En plein jour : difficile d’imaginer plus décalé que programmer le Néo-Zélandais Jonathan Bree, en tout début de soirée un samedi, sous le soleil, en guise d’échauffement pour la tête d’affiche Patti Smith. Mais difficile, aussi, de faire plus approprié pour pallier l’absence de John Maus tant Bree a défendu avec élégance son troisième album Sleepwalking (dont Magic vous avait proposé l’écoute en avant-première) avec ses arrangements minimalistes et sa voix qui évoque les ballades de Bowie ou Jarvis Cocker à son plus grave.

Dans le public : trois types de réaction. Aux premiers rangs, des érudits qui connaissent toutes les paroles, probablement grâce à Youtube où Bree fait des millions de vues (plus de 5 millions pour You’re so Cool au dernier décompte). Derrière, une majorité hélas peu concernée, mais aussi quelques regards et attitudes captivés par ce drôle de spectacle. Car sur scène, Bree se cache, de même que ses deux musiciens (basse, batterie) et ses danseuses, derrière un masque blanc, comme si les Residents avaient décidé de roder un spectacle de clowns tristes, et n’hésite pas à rester campé tel une statue de cire pendant tout un morceau. Un décorum loin des traditionnels numéros de communion ou de complicité auxquels nous habituent les festivals.

Sur scène, les lumières formaient de petits croissants, les danseuses dessinaient des chorégraphies assoupies, les chansons laissaient planer une ambiance de cabaret somnambule. Jonathan Bree y est entré au son du To Know Him Is To Love Him des Teddy Bears, premier tube composé par Phil Spector : l’adage devrait se vérifier dès cette semaine, au clair de la nuit (le chanteur se produit les 22, 23 et 24 août à Paris, Nantes et Bordeaux) plutôt que sous la lumière d’août.

Texte : Jean-Marie Pottier
Photos : Cédric Rouquette
©Creafeed pour Magic

Partager sur Facebook Partager sur Twitter