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Trans Musicales
Les impressions du vendredi soir avec Kütu Folk, Colin Stetson, Luz, Juveniles...Les lieux d'action rennais sont si nombreux pendant les trois jours de l'événement, et les styles des rencontres tellement éclatés, que chaque spectateur se façonne un festival sur mesure, fidèle à ses goûts et à ses envies. Plus ou moins expérimental, plus ou moins électronique, plus ou moins dansant, plus ou moins canaille, toujours fureteur, souvent passionnant. Après la soirée "en ville" de la veille, le cœur de nos Trans Musicales à nous battait à l'Aire Libre en ce vendredi 2 décembre.
Pour le troisième épisode de sa résidence dans la salle excentrée et surélevée, le label auvergnat Kütu Folk avait réuni les fleurons que nous chérissons le plus actuellement dans son collectif : Garciaphone et Evening Hymns. Le premier ouvra les réjouissances avec une sensibilité pop attendrissante. Sans s'encombrer de charisme, Olivier Pérez entonne posément ses ritournelles qui chipent à Elliott Smith ou Grandaddy leur mélancolie à siffloter, et qui rappellent les Bordelais de Calc par la douceur anglophile du ton employé.
Les seconds ont continué en se sublimant. Canadiens magnifiques à contempler, Jonas Bonnetta et Sylvie Smith ont calmé l'assistance avec une classe bouleversante qui fait d'eux le plus précieux et mésestimé trésor folk actuel. L'un au chant et à la guitare, l'autre à la basse, physiquement éloignés mais tous les deux unis par la grâce de chansons qui transcendent l'aridité du geste en se jouant d'une tension qui circule en permanence sans qu'on puisse en définir l'origine. Partage sensuel du couple, sentiments confessés sans mièvrerie, voix stupéfiante de magnétisme, chœurs bandants de suavité : les façons de s'approprier la musique d'Evening Hymns sur scène sont légion et sa puissance démunie happe instantanément.
À tel point que même la prestation de Kütu Folk Records, The Band, qui s'exécute dans la foulée, n'effacera pas l'impression laissée par le duo. Pourtant, on arrive à compter une bonne vingtaine de membres sur scène pendant le concert, tous échappés des groupe du label, la fanfare s'appropriant les compositions de chacun d'eux. C'est d'ailleurs Jonas et Dead Deer qui ouvrent un ramdam qui n'est pas sans rappeler celui du Herzfeld Orchestra, même si les influences ne sont pas exactement les mêmes. Celles de Kütu Folk sont évidemment à aller chercher du côté du folk de Neil Young, mais aussi du post-rock rougeoyant et du hip hop abstrait.
La musique de Pastry Case, a priori lo-fi, prend ainsi une ampleur vertigineusement obsédante, propulsée par la myriade d'instruments. Idem pour les climats soniques de The Delano Orchestra , la pop troublée de Hospital Ships, ou le flow altier de Soso. On terminera en apothéose avec Rainy Country de St. Augustine, repris en chœur par des spectateurs debout dans une fête du slip généralisée. Un slip cousu main, of course.
Regardez les photos d'Éric Pérez et cliquez dessus pour visiter notre galerie complète, où l'on retrouve les images du reste de la soirée. Colin Stetson et son aura éléphantesque, Stuck In The Sound qui avoine sous la capuche, Luz qui fait n'importe quoi...






Pour le troisième épisode de sa résidence dans la salle excentrée et surélevée, le label auvergnat Kütu Folk avait réuni les fleurons que nous chérissons le plus actuellement dans son collectif : Garciaphone et Evening Hymns. Le premier ouvra les réjouissances avec une sensibilité pop attendrissante. Sans s'encombrer de charisme, Olivier Pérez entonne posément ses ritournelles qui chipent à Elliott Smith ou Grandaddy leur mélancolie à siffloter, et qui rappellent les Bordelais de Calc par la douceur anglophile du ton employé.
Les seconds ont continué en se sublimant. Canadiens magnifiques à contempler, Jonas Bonnetta et Sylvie Smith ont calmé l'assistance avec une classe bouleversante qui fait d'eux le plus précieux et mésestimé trésor folk actuel. L'un au chant et à la guitare, l'autre à la basse, physiquement éloignés mais tous les deux unis par la grâce de chansons qui transcendent l'aridité du geste en se jouant d'une tension qui circule en permanence sans qu'on puisse en définir l'origine. Partage sensuel du couple, sentiments confessés sans mièvrerie, voix stupéfiante de magnétisme, chœurs bandants de suavité : les façons de s'approprier la musique d'Evening Hymns sur scène sont légion et sa puissance démunie happe instantanément.
À tel point que même la prestation de Kütu Folk Records, The Band, qui s'exécute dans la foulée, n'effacera pas l'impression laissée par le duo. Pourtant, on arrive à compter une bonne vingtaine de membres sur scène pendant le concert, tous échappés des groupe du label, la fanfare s'appropriant les compositions de chacun d'eux. C'est d'ailleurs Jonas et Dead Deer qui ouvrent un ramdam qui n'est pas sans rappeler celui du Herzfeld Orchestra, même si les influences ne sont pas exactement les mêmes. Celles de Kütu Folk sont évidemment à aller chercher du côté du folk de Neil Young, mais aussi du post-rock rougeoyant et du hip hop abstrait.
La musique de Pastry Case, a priori lo-fi, prend ainsi une ampleur vertigineusement obsédante, propulsée par la myriade d'instruments. Idem pour les climats soniques de The Delano Orchestra , la pop troublée de Hospital Ships, ou le flow altier de Soso. On terminera en apothéose avec Rainy Country de St. Augustine, repris en chœur par des spectateurs debout dans une fête du slip généralisée. Un slip cousu main, of course.
Regardez les photos d'Éric Pérez et cliquez dessus pour visiter notre galerie complète, où l'on retrouve les images du reste de la soirée. Colin Stetson et son aura éléphantesque, Stuck In The Sound qui avoine sous la capuche, Luz qui fait n'importe quoi...






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