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Trans Musicales 05/12/2011

Trans Musicales

Les images d'un samedi soir aux Trans Musicales avec Ghospoet, Shabazz Palaces, Carbon Airways, etc.
Après les impressions éparses d'un jeudi et d'un vendredi soir aux Trans Musicales de Rennes, nous voilà avec des images prises pendant la dernière soirée. Celle de tous les dangers, quand la fatigue accumulée et sans cesse arrosée rend fébrile et procure un drôle de sentiment d'instabilité. Une sensation que vient amplifier la fréquentation des abords du hall principal, pilonné par les bpm et envahi par des personnes farouchement défoncées. Mais on pouvait aussi s'affranchir de ces sensations du samedi soir en se concentrant sur les prétendants hip hop invités.

On dessinerait alors une ligne d'horizon allant de Ghostpoet à Spank Rock en passant par Shabazz Palaces. Le premier remporte la mise à la Cité avec une musique pleine d'inflexions électroniques, à la fois futuristes et enfumées, qu'un flow rocheux assomme avec une indolence soul et massive. Par son impassibilité apparente et son physique imposant, le conteur se fait solennel, sage, il canalise l'intensité et l'assistance frissonne dès qu'il hausse le ton ou s'agite un brin. Comme si le chanteur de TV On The Radio avait investi des contrées rappées à Bristol, avec un batteur et un guitariste présents sur scène pour donner encore plus de poids et de couilles au spectacle.

Plus tard, à l'intérieur du hall 4, Shabazz Palaces installe ses ambiances mi-tribales, mi-science-fictionnelles. Le phrasé nasillard de Palaceer Lazaro et ses bleeps laser cisaillent les esprits et les guibolles, pendant que le compère crible l'ambiance de rythmiques minimales et de louvoiement vocaux ensorcelants. Scéniquement, en dehors du mur de lumières en arrière-plan, ça n'a pas énormément d'intérêt, mais musicalement, l'alchimie interpelle et on pense à Sebutones, le groupe fondé dans les années 90 par Buck 65 et Sixtoo, comme amélioré par un accélérateur de particules, avec une production d'anticipation et un sens de l'action aiguisé.

Spank Rock aurait dû sceller le sort du triptyque rimé dans un déluge de stupre clubbing et d'addiction pop, malheureusement, un sérieux problème de micro et de sono flingua une bonne partie des intentions de Naeem Juwan. Frustré, et malgré le soutien de Palaceer qui le scrute sur le côté de la scène, le MC ne parvint pas à retourner la situation, si ce n'est sur les deux tubes synth-hip-hop du nouvel album Everything Is Boring Etc. (2011).

Ça n'a rien à voir avec le rap, mais une virée au Bar en Trans nous a également permis de confirmer les espoirs placés en Pendentif. Le jeune groupe bordelais prolonge le renouveau actuel de la pop chantée en français et affirme la perte de complexe vis-à-vis des mélodies entonnées avec autant de candeur que d'insistance mélodique. Ci-dessous, regardez les images prises par Éric Pérez, et cliquez dessus pour accéder à la galerie complète qui illustre le reste de la soirée avec le décevant et rustaud Hanni El Khatib, la rigolade Carbon Airways, etc.
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(texte Jean-François Le Puil - photos Éric Pérez)

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