Chroniques d'albums
8 avril 2011
Connan Mockasin - Forever Dolphin Love
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Connan Mockasin - Forever Dolphin Love

Un an après sa sortie sur Phantasy Sound, le label d’Erol Alkan, l’album de Connan Mockasin revit dans une version augmentée d’un enregistrement live, et sous un nouvel intitulé. Ce bizarre objet pop s’accompagne de vidéos qui dépeignent l’univers hors du temps et profondément déstabilisant du troubadour néo-zélandais émigré à Londres. Sur It’s Choade My Dear, à la manière du Beck déglingué de Whiskeyclone Hotel 1997, lui aussi grand admirateur des basses rondes concoctées par Jean-Claude Vannier pour Histoire De Melody Nelson (1971), Connan minaude de sa voix plaintive. Poétiquement abstraite, enfantine mais gorgée d’émotions, sa musique charrie des torrents de larmes sur des bribes d’orchestrations. Pas si éloigné de la folie de Syd Barrett ou du psychédélisme de Gorky’s Zygotic Mynci, le monde onirique et fondamentalement unique du baladin fluet culmine au long des dix minutes de Forever Dolphin Love, tel un songe cinématographique, à la fois merveilleux et morbide.

La bossa-nova déglinguée de Faking Jazz Together et le déboulé baroque digne d’un western-spaghetti de Turn Me Into The Snat marquent à vif les plaies d’un songwriter en pleine rupture sentimentale. Ce disque est une expérience auditive qui se situe foncièrement aux antipodes de la musique formatée de notre temps, une sorte de Magical Mystery Tour dont le script aurait été écrit par Tolkien et adapté sur grand écran par Lynch. Connan Mockasin, ce nouvel ami pour la vie, apaise les cœurs sensibles en façonnant un écrin enjôleur dans lequel rêves et cauchemars se confrontent à sa psyché enchanteresse.

Alexandre Cognard

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