Interviews
11 septembre 2007
Benjamin Biolay : Entrevue – 15/09/07
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Benjamin Biolay : Entrevue – 15/09/07

Difficile de se faire à l’idée que cet infatigable pourvoyeur de mélodies, cet enlumineur magnifique, si souvent à l’œuvre chez les autres, n’en est encore qu’à son quatrième album. Avec son titre en forme de puzzle sonore, Trash Yéyé en dit long sur la multiplicité d’un artiste aussi exigeant qu’ambitieux, torturé que tortueux, plus que jamais en accord avec son goût pour une pop mobile et mélangée. Marqué par le sceau de la rupture sous toutes ses coutures – amoureuse, sonore, professionnelle –, Benjamin Biolay se livre à demi-mot dans cet entretien où il fait feu de tout bois. Le bois, dont il a bien la gueule, mais jamais la langue. [Interview Estelle Chardac et Franck Vergeade pour le hors-série Magic - Benjamin Biolay].


On avait envie de commencer par un nombre : 57…

C’est la somme des chansons enregistrées pour Trash Yéyé ?! Bizarre, je croyais qu’il y en avait un peu plus… Parfois, tu fais des titres qui te servent à défricher de nouveaux horizons, comme des prototypes, mais tu sais pertinemment que tu es en train de te vautrer. Avec Bénédicte Schmitt (ndlr. ingénieur du son), nous étions conscients qu’ils allaient soit me servir plus tard, soit intervenir à petite dose sur l’album. Quelques-uns de ces morceaux inachevés continuent à m’obséder, quand même. De temps en temps, j’essaye de trouver un texte, mais cela ne marche toujours pas. Quand tu peines sur des paroles pendant un an et demi, ça sent pas bon en général. J’en ai relus l’autre jour, sans la musique en tête, c’est pas mal, mais cela ne fonctionne pas pour de la chanson française.

Cette prolixité est-elle aussi due à la longueur de l’enregistrement ?
Oui, j’ai fait des breaks… Mais c’est tout le temps le cas avec mes nouveaux albums.

Tu es notamment parti rejoindre Ambrosia Parsley (Shivaree) à Woodstock. Cette expérience a-t-elle été déterminante pour le disque ?
Il y a trois, quatre chansons qui sont nées de ce voyage. Notamment Je Ne Sens Plus Ton Amour, un duo entre Coralie Clément et Étienne Daho qui figurera sur le prochain album de ma sœur. Là-bas, j’arrivais facilement à composer parce que l’endroit est génial. Alors que mon inspiration me fait faux bond ici, à Paris. Depuis que Sarkozy est Président, je n’ai pas écrit une seule bonne chanson. Une vraie chape de plomb. Et pendant ce temps-là, Bob Sinclar enquille chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre. (Rires.)

Un titre particulier t’a-t-il servi de déclic pour le fil conducteur de l’album ?
Non. Le premier que j’ai composé, c’est Regarder La Lumière. Après, il y eu Laisse Aboyer Les Chiens et Dans Ma Berco Benz. À chaque fois que j’avais un déclic, je me méfiais. C’était trop facile. Il faut que tu aies l’impression d’avoir progressé en sortant de studio, sinon ce n’est pas gratifiant. Je ne sais pas comment font les mecs qui sortent toujours le même disque. Où vont-ils chercher le plaisir ? Je pense à Miossec, par exemple. Quelque part, ça m’arrange bien qu’il ne bouge pas trop parce que je suis content de ne pas être déstabilisé par rapport à son premier album. J’ai besoin de créer quelque chose qui n’a jamais existé. Il faut que j’arrive à cela. Keren Ann est comme moi : elle a la bougeotte.

Certaines chansons sont-elles arrivées plus tardivement que d’autres, comme Douloureux Dedans ?
Ah non, au contraire, elle fait partie de la toute première session. Thierry Planelle (ndlr. son ancien directeur artistique chez Virgin) l’avait repérée car il trouvait qu’elle avait un truc. Moi, je ne m’en rappelais plus du tout. Je l’avais composée à une époque bizarre, un peu dyslexique. Je ne garde aucun souvenir de l’avoir “textée”, ni d’avoir posé une voix. Je me demande même si l’enchaînement couplet-refrain n’est pas un montage. Harmoniquement, c’est impossible que j’aie choisi cet accord ! La composition d’un album est un tel chantier, quel bordel. Et puis, il arrive un jour où tout devient plus clair. À partir du moment où la chorale nous a rejoints en studio, je me rappelle précisément de tout.

POP MONOPHONIQUE
As-tu eu l’impression d’avoir fait un effort particulier au niveau des textes ?
Cette fois-ci, je n’ai rien laissé passer. Les textes de À L’Origine étaient venus assez vite, je voulais que ça avance. Même si je ne les regrette pas, il y a deux, trois passages que j’aurais pu mieux ficeler, quand même. L’autre jour, je relisais les paroles de Mon Amour M’A Baisé, j’étais atterré. (Rires.) Mais bon, c’est de la pop monophonique débile, on s’en fout. Cela ne sert à rien de s’obstiner à peaufiner quand ça sort tout seul comme ça.

Est-ce que Trash Yéyé est né de l’insuccès de À L’Origine ?
Non. Selon moi, Trash Yéyé constitue le volume 2 de À L’Origine… S’il était né de cet insuccès, j’aurais renvoyé À L’Origine en enfer et j’aurais carrément fait autre chose. Le travail des graphistes Michaël Augustyniak et Matthias Amzallag (ndlr. plus connus sous le sigle M/M) pour la pochette creuse aussi la même veine.

On aurait pu considérer que ton album noir était À L’Origine
Mon album urbain, plutôt. Il utilisait des matières assez dégueulasses…

Mais celui-ci est peut-être encore plus noir, plus autobiographique dans le propos.
Plus désespéré, mais surtout pas noir. Pour moi, noir, ça doit être vachement sous-exposé. Tu ne sens pas l’âme humaine, c’est robotique, mutant. Alors que ce disque est à fleur de peau : lumineux et pourtant triste. Enfin, je peux me gourer, je ne réussis pas mon coup à chaque fois ! (Sourire.)

Il est très réactionnel, en tout cas…
Oui, voilà. Par rapport à la tristesse, l’échec.

La trahison ?
Enfin, j’espère ne pas passer pour la victime parce que je suis aussi un peu coupable dans l’histoire. La douleur est un cocktail récurrent, mais je ne la trouve pas noire quand elle est liée à l’amour. C’est la torture physique que je trouve noire. Je ne suis pas dans les bas-fonds, cela reste des chansons d’amour.

De désamour ?
Oui. Ça s’arrête toujours, hein…

Pourrais-tu écrire sur la torture physique, alors ?
Sans aucun problème. Tout ce qui sort des sentiers battus est beaucoup plus simple à traiter. Après, à toi de le mettre en forme, avec tes métaphores, ton John Lennon style… (Sourires.) Si tu vas encore plus loin, il est impossible d’écrire sur le bonheur sans avoir l’air d’une cruche absolue. Il n’y a que Brian Wilson qui ait réussi à l’illustrer musicalement avec Good Vibrations. J’adore ce gars, comme tous les gens inachevés. Il a jamais fini son truc, il est parti en couille très vite. J’apprécie surtout Pet Sounds (1966) et certains titres surf, même si ce n’est pas vraiment une influence…

À ce propos, tu as affiné certaines influences présentes dans le disque précédent, comme le dub ou le hip hop, en les intégrant par touches dans un contexte pop.
Exactement. Pour moi, la référence ultime, c’est Massive Attack. Ces mecs se sont fait hyperplaisir à leurs débuts en brassant leurs influences. 3D ne s’est pas mis la casquette à l’envers, il a gardé son flow hyper blanc et sa sensibilité rock. Aujourd’hui, le hip hop a le même impact sur la musique que les Beatles à leur époque. Le tempo de base de la chanson qui passe à la radio repose sur des grilles d’accord répétées jusqu’à l’écœurement ; il y a de moins en moins de progression harmonique. Même chez Ron Sexsmith, ça se sent ! C’est le signe qu’il y a un mouvement terrassant qui met tout le monde à l’amende.

On a noté ton clin d’œil aux Smiths dans les paroles de Qu’Est-Ce Que Ça Peut Faire : “Il y a cette lumière qui ne s’éteint jamais” (ndlr. en référence à There Is A Light That Never Goes Out)…
Merci, vous êtes bien les seuls à l’avoie remarqué. (Sourire.) The Smiths ou New Order sont les premiers trucs que j’ai su jouer, en groupe. Au niveau de la basse, c’était plus facile que McCartney ! Morrissey était mon modèle sur ce nouvel album. Il y a un côté lapidaire chez lui que je voulais trouver, toutes proportions gardées. Avec sa voix de bel canto et ses airs très sucrés, il balance de telles attaques : le barbarisme commence à la maison, les professeurs ont peur des enfants, la viande c’est un meurtre… J’avais envie de cet emballage pop qui fait passer la pilule et enrobe des sentences définitives. Du coup, son message est ultrapuissant. Beaucoup plus puissant que je ne sais quel gueulard post-trentenaire comme Frank Black.

Depuis que tu as pris tes quartiers au studio Labomatic, t’imagines-tu bosser ailleurs ?
Ailleurs, sans aucun problème, mais je ne m’imagine plus trop bosser sans Dominique Blanc-Francard et Bénédicte Schmitt. Ils sont très forts, très au point. Je travaillais en binôme avec Bénédicte, qui a été une partenaire privilégiée dans la manipulation du son. Dominique, lui, faisait plutôt office de Conseil constitutionnel. (Sourire.)

Est-ce vrai que tu as été interdit de studio par Virgin, à un moment donné ?
Ouais… Faut savoir que Virgin n’en a rien à foutre de ma gueule, ces gens-là n’ont aucun respect à mon égard. Avec Keren Ann, nous sommes leurs bêtes noires. Là, j’approche de la fin de mon contrat, mais cela n’a pas l’air de les émouvoir plus que cela. De toute façon, les maisons de disques ne servent plus à rien. À partir du moment où tu connais dix personnes de qualité, tu peux te débrouiller tout seul.

RUPERT MURDOCH
Pourquoi as-tu mis un frein à tes projets parallèles ?
Parce que cela m’éclate de faire l’acteur. Il y a quand même ce disque avec Ambrosia Parsley de Shivaree, qu’on a à moitié terminé. L’idée de départ, c’était de monter un groupe ensemble. On se marre bien. À deux, on annule tout ce qu’il y a de moderne en nous. Ce sera un gros succès dans les années 50. (Rires.) J’ai aussi adoré bosser avec Elli Medeiros sur une reprise d’Étienne Daho. Elle a quelque chose de super animal et de primitif face à la musique. Parfois, elle chantait comme une merde et trente secondes après, j’étais sur le cul. Là où j’ai vu que c’était une grande musicienne, c’est quand je lui ai demandé de jouer une partie de clavier. Elle a commencé par refuser parce qu’elle ne l’avait jamais fait. Mais dès qu’elle a commencé à bidouiller les touches, elle a trouvé une pure mélodie. Ça ne pardonne pas.

Avoir multiplié les collaborations pendant si longtemps traduit-il une nostalgie du groupe chez toi ?
Clairement. Il n’y a que comme ça que j’entends la musique, à travers les autres et avec les autres. C’était mon rêve. Et je suis sûr que c’est aussi celui d’autres musiciens, pour peu qu’ils soient un petit peu éduqués… enfin, sauf s’ils s’appellent Michel Sardou. (Rires.)

Es-tu impatient de monter sur scène ?
Oui. J’ai déjà formé le groupe avec Denis Benarrosh, Laurent Vernerey, Philippe Almosnino, le guitariste des Wampas, et un claviériste danois que je ne connais pas. C’était horrible de ne faire qu’un concert pour À L’Origine (ndlr. 20 juin 2005, au Bataclan). Il ne s’est rien passé à sa sortie, toujours grâce à Virgin. En même temps, il ne faut pas être choqué outre mesure : mon album est sorti en même temps que celui de Camille et de Raphaël. J’arrivais sans aucun concept, avec une pochette noire. À un moment, comme il faut bien nourrir la famille, le choix est vite fait. J’adorerais monter une coopérative, mais c’est très compliqué. On garderait seulement les maisons de disques pour la fabrication, la distribution, ce qu’ils savent très bien faire. Mais Dieu sait que je peux me passer de trois chefs de projet junior. (Rires.)

Comptes-tu t’appuyer sur l’Internet et sur MySpace ?
Déjà, les Mp3 ne sonnent pas bien… Et puis, attention, faut se calmer, MySpace appartient à Rupert Murdoch. C’est les mêmes, en plus violents et plus riches. Lily Allen, un jour, elle va recevoir un recommandé, ça va lui faire tout chelou. Je suis persuadé qu’il y a des cabinets d’avocats qui planchent là-dessus tous les jours. Les labels ont réussi un tour de propagande hyper réussi en accusant les gens d’être des pirates. La logique eut été que les artistes se liguent contre eux parce qu’ils n’étaient plus capables de les protéger. Comme ils se doutaient que cela allait mal tourner, ils ont tapé comme des salauds sur les consommateurs, et Joe Goebbels était de retour… (Rires.) C’est une autre preuve de leur impuissance crasse.

Si tu avais un label, qui signerais-tu ?
Déjà, en bon ploutocrate, je signerais ma sœur, Coralie Clément. (Rires.) Le disque, Toy Store, qu’on a commencé est très joli. Autrement, j’apprécie beaucoup la musique de Gésa Hansen, la chanteuse de Babamars. C’est du hip hop allemand.

Que pense Anna de son papa chanteur ?
Elle ne le connaît pas. Enfin, elle sait ce que je fais dans la vie, hein, parce qu’on lui a dit. Je ne la gonfle pas trop avec la musique, et quand je lui en fais écouter, ce n’est surtout pas la mienne. Elle est trop petite. Du côté de sa maman, le cinéma est tellement mystérieux qu’elle va sûrement essayer d’élucider cela en premier… Quoi de plus normal.

Surtout si tu t’y mets aussi…
Effectivement ! Il faut éviter de sensibiliser les enfants trop tôt à ces domaines, il y a tellement d’autres choses à faire avec eux. Par exemple, quand elle a vu des photos du tournage de Sang Froid où j’apparais avec une petite fille, la mienne dans le film, Anna n’a pas compris. De toute façon, pour l’instant, elle n’en a strictement rien à foutre de ma musique, elle préfère Mika. En même temps, ça veut dire qu’elle aime Spacer de Sheila B, vu que c’est exactement la même chanson. (Sourire.). Parfois, elle vient avec moi en studio, elle se pose sur un fauteuil, elle fait semblant de mixer, ça la fait marrer, tous ces boutons.

Le cinéma est-il une heureuse coïncidence ?
Oui, c’est un drôle de bonus tout à fait inattendu. Jusqu’ici, j’avais toujours refusé les cours de théâtre, les courts-métrages des potes… Sylvie Verheyde m’a convaincu. Elle a utilisé des arguments de gourou, genre : “Je sais, mais fais-moi confiance”. (Sourire.) Elle était tellement sûre de son coup que j’ai fini par capituler. Heureusement que la sortie a été décalée parce qu’on a pu beaucoup répéter. D’autant que, entre-temps, j’ai tenu un rôle dans En Visite (ndlr. titre provisoire du film de Vincent Dietschy) et j’ai pu apprendre à jouer en accéléré grâce à ma partenaire, Géraldine Pailhas. Mais le premier jour de tournage, je me demandais vraiment ce que je foutais là. (Rires.) De toute façon, Sylvie sait tellement bien diriger les gens. Elle ne pourrait pas filmer quelqu’un qu’elle n’apprécie pas dans la vie. S’il n’y a pas d’instinct là-dedans, elle n’en a rien à foutre. Déjà, elle avait écrit Scorpion pour Joeystarr…

PEINE PERDUE
As-tu discuté de votre double casquette avec Stomy Bugsy sur le tournage de Sang Froid ?
Non, on a surtout parlé de musique. On a refait le monde à ce niveau-là. J’ai pris un réel plaisir à passer mon temps avec ce mec, il est vraiment cool. Dans le prochain film de Sylvie, Stella, je partage l’affiche avec Karole Rocher, qui est, à mon avis, l’une des meilleures actrices françaises. Je flippe un peu, mais ça se passe bien aux répétitions pour l’instant… J’essaye de me caler sur son truc au fur et à mesure. (Sourire.)

As-tu reçu d’autres propositions, depuis ?
Non, pas vraiment. Cela dit, les gens n’ont pas encore vu mes films. Je vois le cinéma comme un prolongement de mon activité, c’est-à-dire à peu près son antithèse ! C’est tellement collégial, tellement soumis au désir des autres. Avec la musique, je n’ai jamais fait ça. Je n’ai jamais chanté les chansons d’un autre, par exemple. Bien sûr, je ne dirais pas non si on me proposait un morceau intéressant. Avec Hubert Mounier, on a déjà essayé plusieurs fois de jouer les interprètes l’un pour l’autre, et à chaque fois, cela s’est soldé par un échec.

Reste-t-il un domaine que tu aimerais explorer ?
Non… Enfin si, le sport. Trop tard ! À une époque, je voulais carrément être footballeur. La vie d’un athlète me fascine. J’aurais aimé savoir ce que cela fait de se donner corps et âme à une discipline de manière un peu plus concrète. Dans la musique, il n’y a pas de statistiques, mais des chiffres de vente qui n’intéressent personne.

Et qu’en est-il de ton projet de biographie ?
C’est une autobiographie intitulée Peine Perdue. Je l’ai relue dernièrement, elle est finie, mais je ne vais pas la sortir pour l’instant. Je n’ai pas envie de jouer le jeu. De donner le change quand on me demande “d’approfondir la rencontre du chapitre 8”. (Sourire.) Dans les notes de synthèse, tu sens que l’éditeur se fait chier à super bien écrire pour t’en foutre plein la vue. De plus, pour peu qu’il ne se passe rien autour de ce genre de projet, tu sais que tu vas morfler comme un taré. Si tu vas pas à tel cocktail, si tu suces pas la bite à Beigbeder, si tu fais pas copain copain avec Nicolas Rey, t’auras pas de papier. Juste deux articles méchants où il sera question d’un chanteur de plus qui a écrit un mauvais livre.

As-tu déjà songé à ton prochain album ?
Je ne sais pas ce qu’il va se passer après la sortie de Trash Yéyé, mais je sens que je suis arrivé à la fin d’un cycle. En tout cas, la suite sera différente. Être membre d’un groupe me manque vraiment… Je ne suis pas difficile, donnez-moi un bongo et je suis content. (Rires.)

Enfin, si tu devais te résumer par un mot ?
Opaque. Non, je rigole. Euh, je ne sais pas. (Il réfléchit.) Infirme. Infoutu. Quelque chose comme ça.

Estelle Chardac et Franck Vergeade

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