Chroniques d'albums
4 janvier 2008
Low - Drums And Guns
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Low - Drums And Guns

En 2005, Low publiait The Great Destroyer, un septième album en forme de chef-d’oeuvre, mais qui ne manqua pas de diviser. Confiant pour la première fois son slowcore languide aux mains du grand bâtisseur sonore Dave Fridmann, et poussant ses guitares dans leur tranchant, le trio s’était attiré les foudres de quelques inflexibles aficionados de la première heure, en même temps qu’il avait rallié à sa chapelle les plus hér(m)étiques. Que les premiers se rassurent, bien que toujours épaulé par le producteur suscité, voilà le groupe de Duluth retourné à son minimalisme introspectif d’antan. D’une effarante noirceur, Drums And Guns, marqué de toute part par la guerre et la mort, débute par une incantation macabre (Party People) aux paroles presque insoutenables (« All soldiers they’re all gonna die/All babies they’re all gonna die ») avant de passer à un Belarus apaisé, où apparaissent, ô surprise, les premières sonorités électroniques (vous avez bien lu) qui parsèment cet album, ici joliment dispersées sur un tapis de cordes. Et si, à ce stade du disque, on avance encore à tâtons, le gospel blanc de Breaker, ses clappements de mains et son orgue rassurant permettent de pousser un soupir de soulagement. Oui, Zak Sally a mis les voiles il y a deux ans pour s’occuper à plein temps de sa maison d’édition, laissant la quatre-cordes aux mains de Matt Livingston. Oui, le groupe semble ici expérimenter encore une nouvelle voie, ouverte aux boîtes à rythmes et autres loop (elles constituent même parfois l’essentiel des morceaux, comme sur Always Fade, où la basse de Livingston et les voix d’Alan Sparhawk et Mimi Parker sont les seules âmes organiques qui vivent). Mais, non, Low n’a rien perdu de sa force évocatrice ni de son insolente faculté à toucher la beauté du doigt. Et si, à tous ceux qui ne se sont pas remis de The Great Destroyer, certains conseillent même de commencer l’écoute de Drums And Guns par la fin, le bien nommé Violent Past faisant idéalement le lien entre les deux Lps et la seconde moitié du disque étant moins lénifiante que la première , on pourrait aussi se servir des paroles de Hatchet comme d’un manifeste introductif : « You’ll be my Charlie and I can be your George/Let’s bury the hatchet like The Beatles And The Stones ».

Faustine Kopiejwski

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