Chroniques d'albums
23 février 2011
Times New Viking - Dancer Equired
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Times New Viking - Dancer Equired

Il est rare de devoir un album à ses détracteurs, mais c’est pourtant aussi à ceux qui ont toujours pris Times New Viking pour une bande de glandeurs faisant du vulgaire punk lo-fi inécoutable que l’on doit le virage amorcé par le trio de l’Ohio sur son cinquième LP, Dancer Equired. Las d’avoir à justifier en permanence une production amateuriste extrême qu’ils avaient embrassé dans un choix de simplicité plutôt que par posture, Adam Elliott, Beth Murphy et Jared Phillips ont décidé de se défaire des déflagrations ultraviolentes qui faisaient pourtant l’énergie juvénile et jouissive des brillants Rip It Off (2008) et Born Again Revisited (2009) pour aller enregistrer dans un studio et montrer enfin ce qu’il y avait toujours eu derrière ces murs du son DIY : des tubes de poche brillants et une sensibilité pop affutée. Évidemment, n’ayant plus cet épais voile de bruit parasite autour d’eux, Times New Viking a pu ainsi gagner en finesse sans s’essouffler, n’hésitant plus à ralentir le rythme (pour des résultats rétro mais délicieux comme California Roll) ou offrir des nuances rafraîchissantes, osant même clôturer par une ballade émouvante à la guitare acoustique, No Good.

Mais dans le fond, ces trois-là sont restés eux-mêmes, continuant à être les descendants d’un rock nineties simple et immédiat, allant parfois se tinter des couleurs pastel de la twee pop quand l’orgue et la voix de Beth Murphy répondent plus ou moins en harmonie au chant du batteur Adam Elliott. L’ombre du Velvet Underground plane sur les rythmes lents et l’atmosphère enveloppante de Somebody’s Slave tandis que Don’t Go To Liverpool s’affirme, avec vigueur, comme le rejeton de The Clean. Gorgés de riffs plus ingénieux qu’ils n’ont l’air, It’s A Culture ou Fuck Her Tears sont la suite logique de tout ce qu’à toujours fait le groupe : il suffirait de les passer sous un filtre de distorsion pour le comprendre instantanément. Tant mieux pour les âmes sensibles, il ne reste ici qu’une succession frénétique de chansons brillantes : l’occasion rêvée de se réconcilier avec cette formation mal aimée et incomprise, ayant déjà fait le premier pas vers vous.

Emilien Villeroy

Partager sur Facebook Partager sur Twitter