Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Czerkinsky - Czerkinsky
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Czerkinsky - Czerkinsky

Dans les années 80, sur les radios FM, entre Daho, Mitsouko et Mondino, il y avait Mikado, duo pop qui connut son heure de gloire le temps d’une ritournelle kitsch, cette Fille Du Soleil clippée par Pierre & Gilles, qui nous montrait Pascale et Grégory, jeunes gens au sourire niais, qu’il fallait bien sûr prendre au second degré. Les années ont passé et Grégory a repris son nom, Czerkinsky. Profession ? Chanteur pop et plus si affinités. Un gentleman en costume blanc et Ferrari, à l’aise dans tous les cocktails, personnage de jet set noyant son angoisse existentielle dans un verre de daïkiri glacé. Tous ces détails que l’on peut glaner au hasard de l’oreille sur son premier album. A vrai dire, Czerkinsky est la bande-son idéale des fameuses chroniques Nuits Blanches d’Eric Dahan dans Libération. C’est de l’easy listening à la dérision affichée, de la variété au groove moelleux, superbement arrangé et produit qui tranche avec la grisaille coutumière des chanteurs nombrilistes de l’Hexagone. Il y a chez Czerkinsky des refrains légers (les textes le sont hélas aussi un peu) à fredonner, en rêvant de ces soirées à frou-frou et dents blanches (Princesse De Cire), des contes sur de petites excentricités (Les Sacs En Plastic) ou des maîtresses exotiques (Natacha, Miss Caraïbes)… En bout de piste, Czerkinsky se fend même d’un slow nostalgique, réminiscent du Everybody’s Got To Learn Sometimes des Korgis. Là, il nous touche en plein coeur : Czerkinsky, un disque à conseiller aux âmes sensibles et sentimentales.

Hervé Crespy

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