Chroniques d'albums
10 novembre 2017
Brockahmpton, événement capital du hip-hop de notre époque
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Brockahmpton, événement capital du hip-hop de notre époque

Brockhampton, collectif de jeunes rappeurs influencés par Kanye West, en est déjà à deux grands disques cette année. N’attendez plus.

Nous sommes à l’automne 2017 et si vous n’avez pas l’œil rivé sur Brockhampton, il est encore temps de vous y mettre. Composé de treize rappeurs, producteurs et artistes dont la plupart se sont rencontrés sur un forum de fans de Kanye West, ce jeune et ambitieux collectif (âge moyen, 22 ans) est possiblement l’une des choses les plus capitales qui soit en train d’arriver au hip-hop, inondant le marché de singles plus dingues les uns que les autres à un rythme épuisant depuis le début de l’année. À peine trois mois après la sortie de leur premier album Saturation en juin, le groupe était déjà de retour avec Saturation II, deuxième opus vertigineux de 16 titres, comme pour affirmer définitivement ses velléités d’omniprésence et de domination globale. Mais l’impudence affolante de Brockhampton a cela d’irréel qu’elle est totalement justifiée : oui, Saturation II est le disque surdoué et irrésistible d’une bande de petits génies qui transforment le moindre beat en or, convoquant dans un même zeitgeist les synthés du g-funk (Gummy), les ambiances enfumées d’un Madlib (Sweet) et des refrains pop entêtants qui mériteraient de tourner en boucle sur toutes les radios (Jello). Et à contrario de Odd Future en son temps, Brockhampton n’est seulement constitué de quelques têtes d’affiches cachant une troupe de figurants anecdotiques. Se définissant très sérieusement comme un boys band, le collectif fait mouche par la diversité de ses personnalités, toutes nécessaires et marquantes. La tête pensante Kevin Abstract, responsable de la plupart des refrains ainsi que de quelques unes des paroles les plus puissantes du disque (Junky). Le flow en sourdine et le verbe affûté de l’excellent Ameer Vann (explosif sur Teeth). La gouaille surexcitée et intense de Merlyn Wood. Le falsetto mitraillette de Joba. Chacun brille avant de laisser la place aux autres, dans un jeu collectif qui fascine et maintient une pression sans faille d’un bout à l’autre. Et ce n’est que le début. Un Saturation III est attendu avant la fin de l’année afin de conclure cette hallucinante trilogie introductive. L’Histoire en train de s’écrire. Vous vous en voudriez de manquer ça.

Emilien Villeroy

BROCKHAMPTON
Saturation II
(Empire)

Partager sur Facebook Partager sur Twitter