Chroniques d'albums
11 janvier 2018
BØRNS, divine pop glam
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BØRNS, divine pop glam

Avec son second disque Blue Madonna, le Californien BØRNS redouble d’inventivité et décide de nous en mettre plein la vue avec l’extravagance qui le caractérise.


Il y a beaucoup à dire sur Garrett Børns, cool kid de 26 ans au physique androgyne. On pourrait parler de son hyper-sensibilité et de son magnétisme, (surtout) auprès de la gent féminine. Le mois dernier à Paris, une majorité de filles voulait percer à jour ce jeune éphèbe à la silhouette gracile et l’aura mystique. Son regard impassible laissait deviner un certain goût pour la mélancolie. Une appétence qu’il partage avec Lana Del Rey, invitée sur le titre God Save Our Young Blood de son album Blue Madonna, qui paraît ce vendredi 12 janvier. On aurait préféré une collaboration plus décalée, avec Charlotte Gainsbourg notamment, qu’il adore.

BØRNS a la folie des grandeurs : jouer du thérémine ou s’inspirer de la musique mariachi qui se joue sous ses fenêtres à Los Angeles. La production est dense, le son plus grandiloquent que sur son premier album Dopamine (2015), même si l’ambition est pop. Une pop FM néanmoins originale qui se revendique des Beach Boys, du glam rock et du psychédélisme. Son auteur a l’exubérance de Marc Bolan, la grâce de Bowie, un sens mélodique hérité d’Elton John et l’éventail vocal de Roy Orbison dont il s’inspire allègrement. Celui qui se fantasme en diva immortelle dans une vidéo surréaliste de 8 minutes, perd sa voix à cause d’un corbeau puis la retrouve auprès de son alter ego prestidigitateur. Sur disque, il travaille ces associations malades mariant flamboyance et théâtralité sans frôler l’overdose.

BØRNS, c’est aussi une empreinte visuelle forte. Il est canaille en costume Gucci sur la pochette de son nouvel album. Au styliste Alessandro Michele, directeur artistique de la maison florentine, il envie sa collection d’antiquités de la Renaissance italienne. Cet esthète se réapproprie les codes de l’élégance unisexe et élève son style au rang d’exigence comme Elvis, Prince ou Little Richard avec un penchant pour le travestissement. Plus jeune, il aimait changer de vêtements comme de personnalités, se prenait pour Robin des Bois ou Zorro. De quoi nourrir sa performance, excentrique !

Alexandra Dumont 

BØRNS – Blue Madonna
(Interscope Records)
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