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Red Poppies
archive mag mai 1998
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Après l'amie de coeur Françoiz Breut et en attendant l'album de Pierre Bondu, la petite famille étendue de Dominique A cherche décidément à se faire entendre en solo. Nul besoin d'évoquer ici d'éventuelles ruptures ou autres divorces acrimonieux, il s'agit simplement d'émancipation musicale. C'est ainsi que le liégeois Sacha Toorop, guitariste-bassiste de son état dans le groupe live de l'ami des oiseaux, offre un Red Poppies varié, de haute volée et de toute beauté. Sans retenue, ni complexe aucun, il y déploie d'impressionnants talents de multi-instrumentiste jusqu'à présent seulement entrevus sur scène. De fait, on retrouve notre homme derrière la batterie, à la guitare et à la basse, mais aussi aux claviers et aux percussions. Bien malin qui pourra coller une étiquette sur cette première production. Généreux, Zop Hopop se fait plaisir et ouvre largement les portes de sa discothèque. Si Zip Hop lorgne vers les loufferies déjantées des Beastie Boys, Silly Days s'étire quant à lui dans le spleen comme les litanies folk de Will Oldham et Don't Care About Shit s'inscrit dans la tradition subtile d'un modern-jazz raffiné. Loin de l'exercice de style appliqué, Sacha Toroop a su s'affranchir de ses influences sans les renier. Eclectique et mature, son premier disque doit autant aux Apartments qu'à Beck ou au Jon Spencer Blues. Un album qui n'a définitivement rien de commun avec une histoire belge.
Jean-Noël Dastugue
article extrait de :
MAGIC RPM #20
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