A Lire
Living In A Magazine
archive mag mai 2001
Soyez le premier à réagir
On a souvent reproché à Jacques Lu-Cont de ne pas avoir connu les années 80, une période dorée à laquelle il rendait ostensiblement hommage dans Les Rythmes Digitales. Aujourd'hui, le petit Lu a retrouvé son vrai nom, Stuart Price, et se pâme toujours devant sa décennie fantasmée. Sous l'identité Zoot Woman, partagée avec les frères Johnny et Adam Blake, il a trouvé le réceptacle idéal pour ses rêves synthétiques, ses ballades émotives et décompléxées, ses accords funky, ses guitares qui scandent la ligne de chant. Alors, rien de neuf sur la planète revival ? Bien au contraire. Le trio fait incontestablement référence à l'ère qui célébra Tom Cruise et Visage mais l'a ingérée, digérée, recrachée avec ce qu'il faut d'apports actuels pour ne pas se limiter à une entreprise rétro et distanciée. Le taxer d'ironique serait non seulement injuste, mais surtout totalement inexact. Parce que Zoot Woman se positionne exactement à l'encontre de toute l'image fric et frime prônée par l'époque et n'en a retenu que son sens de la musique bien faite, élevée au rang d'art. Living In A Magazine ? Un discours anti-Glamorama, asséné sur fond de trouvailles sonores, peut-être pêchées chez LRD. Information First ? Une lamentation sur l'éloignement, la falsification d'un monde moderne, surinformatisé, vide de sens. Ne pas s'arrêter à la blancheur eighties des costumes, car en y regardant de plus près, la coupe s'avère résolument d'actualité. Sous l'apparente facilité des morceaux, chercher le travail de synthèse, derrière les synthés millésimés, la production héritée de la dance. Arty ? Et alors ? On en aurait peut-être besoin. Efficace ? Évidemment ! C'est bien là le tour de force. Zoot Woman, premier groupe postmoderne du XXIe siècle.
Estelle Chardac
article extrait de :
MAGIC RPM #51
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :