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Selectorama - 18/07/11 de Yuksek

interviews
Figure de proue de la scène rémoise, Pierre-Alexandre Busson revient avec un deuxième album plus pop que l’inaugural Away From The Sea (2009), qui lui valut une renommée internationale. Affable et loquace, ce producteur courtisé (Kim, The Bewitched Hands) détaille sa vision extralarge d’un parcours entamé au Conservatoire. [Interview Franck Vergeade].

THE HORRORS - Sea Within A Sea

Yuksek : C’est un groupe dont je suis passé complètement à côté à la sortie de ses deux premiers albums. Il y a deux ans, l’été 2009, j’ai partagé l’affiche avec The Horrors lors du festival Summer Sonic, à Tokyo. Leur concert était très mauvais, en particulier parce que les mecs étaient très mal sonorisés pour jouer dans un stade, mais j’ai été sensible à leur attitude sur scène, entre musiciens gothiques et gros branleurs. J’aime bien cette posture d’enfants gâtés du rock anglais. Puis j’ai fini par jeter une oreille sur leurs disques, et je suis donc tombé sur Sea Within A Sea, qui est tout simplement mon morceau fétiche de ces deux dernières années. Ce titre-là m’obsède, par son côté répétitif, malsain, très psychédélique. La voix me fait penser à un Morrissey sous acides. C’est aussi une chanson à écouter au casque parce que la production est incroyable. En tant que fan de vieux synthés, le grain du son de l’arpège de Moog me donne la chair de poule à chaque écoute. You Should Talk, l’avant-dernier morceau de mon nouvel album, est clairement influencé par ce titre de The Horrors. Sans faire la même chose, j’avais envie de retranscrire cette impression d’emphase et de profondeur.

LOU REED - Satellite Of Love

Transformer est l’album de chevet absolu, avec le casting de rêve formé par Lou Reed et David Bowie. De formation pianiste, je suis saisi par l’enchaînement d’accords parfaits, le contraste entre le chaud et le froid, la mélancolie et la lumière. Qu’en dire de plus ? C’est juste beau…

OH NO ONO - The Wave Ballet

Une copine m’avait alerté sur Oh No Ono, après un concert à la Flèche d’Or. Je n’aime pas tout dans l’album, mais ce morceau-là, The Wave Ballet, est fantastique. Sa construction hyper lyrique m’évoque la musique classique. Par certains aspects, la production peut rappeler celle du dernier MGMT, Congratulations (2010). Le plus dingue, c’est que le groupe arrive à le retranscrire en live d’après certaines vidéos que j’ai pu voir sur YouTube.

LEONARD COHEN - The Partisan

Tout comme Lou Reed, je n’ai pas grandi avec Leonard Cohen – mes parents écoutaient plutôt Brel, Brassens, Barbara. (Sourire.) The Partisan m’a influencé pour une chanson de l’album, Too See You Smile. J’ai toujours adoré cette façon d’utiliser les chœurs féminins, qui contrastent parfaitement avec la voix caverneuse de Leonard Cohen. C’est ultrakitsch mais tellement touchant. J’ai aussi choisi ce titre parce qu’il est rare d’arriver à sublimer une chanson populaire comme La Complainte Du Partisan.

THE JOUBERT SINGERS - On The World (Larry Levan Mix)

Mon classique absolu dans les musiques de danse. Car je n’en écoute finalement pas tant que ça. Je ne suis pas très friand de toute la scène électronique actuelle, mais dans la vague nu-disco qui regarde vers les années 80, il y a vraiment des perles. À part quelques nouveaux groupes, j’écoute toujours la même musique qu’il y a cinq ou dix ans. Contrairement à Away From The Sea (2009), j’avais envie de mettre en avant le chanteur et le compositeur plutôt que le producteur. L’idée n’était surtout pas de ne reproduire mon premier album, même s’il a plutôt bien marché et que je me suis amusé à le faire à l’époque. La musique, c’est ma passion, pas un travail. Je n’avais pas envie d’exprimer les mêmes choses et je voulais me faire violence à chanter. Sur Living On The Edge Of Time, la production est seulement au service des chansons.

MAGIC RPM  #154


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