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Away From The Sea de Yuksek

chronique d'album
Pour Pierre-Alexandre Busson, alias Yuksek, le défi était de taille : retranscrire l’efficacité brevetée de l’electro survitaminée, qui rend hystérique à chacune de ses apparitions, dans le format d’un album pop. Away From The Sea commence donc comme du Yuksek pur sucre, avec des décrochages ryhtmiques et un chant vocodérisé reconnaissables entre mille, inspiré des maîtres qui l’ont décomplexé (Aphex Twin ou Daft Punk).

Mais dès le troisième titre, A Certain Life, les morceaux du Rémois se sentent à l’étroit dans le carcan trop compressé de l’électronique de club. Si l’incursion avec Amanda Blank, sa Uffie à lui, ne risque guère de détrôner le roi Oizo (Extraball), c’est lorsque Yuksek assume ses velléités pop et qu’il ralentit le tempo qu’il est le plus convaincant. La ballade I Could Never Be A Dancer exhale des vapeurs de l’adolescence et des références eighties évidentes, en présentant Air à Justice. Avec la chorale déjantée The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads, originaire comme lui de la capitale champenoise, le surnommé Péa va titiller I Am From Barcelona et rejoue même son single Tonight dans une version spaghetti en chanson cachée.

L’ancien bassiste de Klanguage mélange le rock symphonique d’E.L.O. au disco primitif de John Carpenter sur le cosmique Little Dirty Trip. Sans éviter l’écueil de l’album de producteur aux inévitables invités (Shit Disco et Chromeo font également partie du casting vocal), Yuksek ratisse large mais parvient à trousser un disque moderne, qui reflète les diverses tendances actuelles, dans une palette finalement moins monochrome qu’il n’y paraissait a priori.

Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #128


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