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The Year Of Hibernation de Youth Lagoon

chronique d'album
Youth Lagoon... La présence musicale de cette entité – qui n’est constituée que d’une seule personne, Trevor Powers, mais comment pouvait-il en être autrement à l’écoute de ces notes ? – est une incertaine solitude. Cette succession de l’ascèse et de la fête, qui marque les fièvres de l’adolescence, parcourt The Year Of Hibernation. À l’heure d’une diffusion extrêmement globale de la musique, certains artistes (Memoryhouse, Atlas Sound, John Maus) proposent paradoxalement des créations introspectives, particulièrement personnelles. On est loin de cette tendance qu’avaient certains groupes à composer pour les stades à la fin des années 80. Cet album très beau, immédiatement familier – Montana est simplement une chanson intemporelle – s’écoute sans une seule pose.

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C’est un récit – son auteur définit The Year Of Hibernation comme un journal intime – que l’on n’interrompt pas. Comme prononcées d’un seul souffle, Afternoon, Day Dream ou encore July sont des morceaux qui déroulent leur fragilité avec cette douceur mais aussi cette crudité désarmantes. Musicalement, un piano épuré, éthéré (on pense souvent à Satie) est accompagné de légères fissures électroniques. La voix parfois lointaine, parfois très proche dans un effet de réverbération émouvant nous ramène à nos pensées, à nos rêves. Souvent, Trevor Powers s’en réfère aux Cocteau Twins, c’est une bien jolie passerelle. Mais ce qui nous revient au cœur, aux larmes, c’est Perfume Genius et ce temps secret – celui de nos angoisses, de nos confiances, de nos amours et de la mort – dans lequel nous plongent, intensément, ces musiques.
Lyonel Sasso
MAGIC RPM  #157


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