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And Then Nothing Turned Itself Inside Out

archive mag février 2000
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Tant qu'il continuera à produire des disques absolument essentiels, Yo La Tengo ne lassera jamais, même après plus de quinze années à servir le rock américain. D'autant que Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew sont toujours à l'heure actuelle l'un des groupes live les plus passionnants, impressionnants et excitants. Et ce nouvel album, leur plus simple depuis l'indispensable Fakebook, confortera cette idée. Car les trois d'Hoboken sont aussi doués pour le boucan et les expérimentations, traitées en long et en large depuis quelques albums, que pour leurs chansons douces. Et ce disque en est rempli jusqu'à plus soif. À l'exception de Cherry Chapstick, excellent morceau de Sonic Youth et You Can Have It All, dispensable chanson neu-neu à la Stereolab, Yo La Tengo, l'air grave et tourmenté, s'engage à nous faire toucher le fond sans prise de tête, avec compassion et tendresse. Pour un dixième album, le propos est donc on ne peut plus concentré. Ce disque calme et beau, mais étrangement inquiet et replié sur un cadre intime, est parfait pour les nuits blanches, les errances sentimentales et nos petites déconvenues qu'il soulage avec les mots simples et rassurants d'un vieil ami.

Étienne Greib

magazine num 38 article extrait de :
MAGIC RPM #38


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