Avec les albums
respectifs de Centenaire, Lauter et Original Folks, on plaçait déjà la saison
France 2009 sous un sceau de qualité et d’excellence réjouissant. C’était sans
compter sur le retour, sous l’identité de Yeti Lane, de trois ex-Cyann &
Ben, groupe digne et profond que nous avions hissé sur de très hauts sommets à
la parution de son troisième album, l’impressionnant Sweet Beliefs (2006). Que ce soit clair : Yeti Lane arrive,
dès le titre d’ouverture First-Rate Pretender, à s’extirper de la profonde inquiétude qui
nappait avec un certain génie l’œuvre de son incarnation précédente.
Si on part bien d’un riff menaçant, le morceau se transcende rapidement vers la lumière à l’aide de petites notes tintinnabulantes, en une hybridation Led Zeppelin/The Byrds du meilleur effet. Après ces trois minutes et quelques d’un bonheur rare, la vélocité de Twice fait une belle comptine new-wave sous haute influence Syd Barrett au croisement de Television et du Floyd, mais comme l’animal fantasmatique qui lui a donné son nom (à moins que ce ne soit le chef-d’œuvre homonyme d’Amon Düül 2 paru en 1970), ce Yeti-là reste insaisissable, disséminant çà et là des monceaux d’influences qui ne sont pourtant pas formellement identifiables.
Alors que Cyann And Ben était parvenu à la maîtrise du clair-obscur et d’une musique fonctionnant par franchissement de paliers, Ben, LoAc et Charlie Boyer (toujours d’une inventivité remarquable derrière les fûts) évoluent en plein jour, domptant une musique acidulée et foisonnante, tantôt paisible (Think It’s Done, l’étrangement exotique Tiny Correction), tantôt mélancolique (Only One Look et Lucky Bag portent le sceau du early The Cure), et parvenant le plus souvent à plonger l’auditeur dans un tourbillon de couleurs. On parlera donc légitimement de post-pop psychédélique. Rythmes intenses, guitares tranchantes et sons électroniques perturbent et pervertissent pourtant l’évidence de Lonesome George, paru il y a quelques mois en 45 tours. En digérant des pistes allant du krautrock au folk, de Gastr Del Sol aux Flaming Lips, Yeti Lane vient de signer un album éclatant et tentaculaire et peut compter sur un avenir glorieux.
Si on part bien d’un riff menaçant, le morceau se transcende rapidement vers la lumière à l’aide de petites notes tintinnabulantes, en une hybridation Led Zeppelin/The Byrds du meilleur effet. Après ces trois minutes et quelques d’un bonheur rare, la vélocité de Twice fait une belle comptine new-wave sous haute influence Syd Barrett au croisement de Television et du Floyd, mais comme l’animal fantasmatique qui lui a donné son nom (à moins que ce ne soit le chef-d’œuvre homonyme d’Amon Düül 2 paru en 1970), ce Yeti-là reste insaisissable, disséminant çà et là des monceaux d’influences qui ne sont pourtant pas formellement identifiables.
Alors que Cyann And Ben était parvenu à la maîtrise du clair-obscur et d’une musique fonctionnant par franchissement de paliers, Ben, LoAc et Charlie Boyer (toujours d’une inventivité remarquable derrière les fûts) évoluent en plein jour, domptant une musique acidulée et foisonnante, tantôt paisible (Think It’s Done, l’étrangement exotique Tiny Correction), tantôt mélancolique (Only One Look et Lucky Bag portent le sceau du early The Cure), et parvenant le plus souvent à plonger l’auditeur dans un tourbillon de couleurs. On parlera donc légitimement de post-pop psychédélique. Rythmes intenses, guitares tranchantes et sons électroniques perturbent et pervertissent pourtant l’évidence de Lonesome George, paru il y a quelques mois en 45 tours. En digérant des pistes allant du krautrock au folk, de Gastr Del Sol aux Flaming Lips, Yeti Lane vient de signer un album éclatant et tentaculaire et peut compter sur un avenir glorieux.