Si l'on jette un œil sur les escapades et incursions
musicales qui parsèment la discographie “officielle” de Yann Tiersen, on comprend
très vite que le multi-instrumentiste breton n'a, en fait, jamais cessé
d'enrichir et de modifier l'architecture de son œuvre – ses nombreuses
collaborations ou travaux de production avec Dominique A, The Married Monk, Liz
Frazer, Bästard, Sage Francis, Orka et sa récente participation à
l'album-hommage This Immortal Coil en
témoignent brillamment. Curieux, altruiste et nomade dans l'âme, comme beaucoup
de Celtes, ce compositeur hors pair déteste la redite et encore plus, de se
faire coincer dans une niche, aussi confortable et rémunératrice soit-elle…
Fortement marqué par le décès de sa maman, ainsi que par l'injustice des conditions de vie endurée par un nombre croissant de gens sur la planète (constatée pendant ses tournées), Yann Tiersen prend, à l'âge charnière de quarante ans, un virage sonique si radical qu'il déroutera certainement les fans de la première heure, amateurs de musiques tendres et réflectives… Car à ses paramètres déterminants, vient s'ajouter sa fusion artistique et amicale avec l'Anglais Matt Elliott (par ailleurs sur le point de réactiver son alias Third Eye Foundation), qui prête sa voix d'outre-tombe sur plusieurs pistes (Dark Stuff, Chapter 19, le grandiose single Palestine) et dont la fréquentation l'a probablement incité à utiliser ses vieux synthés analogiques et greffer des éléments électroniques.
Ce sixième album aborde donc le grave sujet de notre mortalité et du chemin semé d'embûches que tout un chacun doit emprunter, “sans toutefois parler d'un voyage triste, mais plutôt d'une expérience colorée, parfois douloureuse, mais le plus souvent joyeuse”. Aboutissement d'un patient travail de deux ans, auquel ont participé Dave Colingwood (batteur de Gravenhurst), Gaëlle Kerrien et le mixeur Ken Thomas, Dust Lane voit le vocabulaire originel de Tiersen s'ouvrir à des éléments indus ou noisy et sa sensibilité maritime s'unir aux accents terrestres, slaves et balkaniques de son alter ego britannique, révélant une musique profonde et bouleversante. Une célébration des joies, des détresses, des zones d'ombre et des merveilleuses éclaircies de la condition humaine, doublée d'une invitation à savoir saisir (et profiter) des précieux moments de bonheur qui nous sont offerts.
À l'image du Voyageur (1878) de Nietzsche, le musicien est aujourd'hui un homme qui observe “les yeux ouverts à tout ce qui se passe en vérité dans le monde et garde en lui une part vagabonde, dont le plaisir est dans le changement et le passage”. Ainsi, dans un élan de beauté et de terrible lucidité, on peut chanter en chœur la vie, l'amour et la mort, enlacés les uns aux autres… les larmes aux yeux (Ashes, Till The End).
Yann Tiersen - Dust Lane (sampler) by MuteRecords
Fortement marqué par le décès de sa maman, ainsi que par l'injustice des conditions de vie endurée par un nombre croissant de gens sur la planète (constatée pendant ses tournées), Yann Tiersen prend, à l'âge charnière de quarante ans, un virage sonique si radical qu'il déroutera certainement les fans de la première heure, amateurs de musiques tendres et réflectives… Car à ses paramètres déterminants, vient s'ajouter sa fusion artistique et amicale avec l'Anglais Matt Elliott (par ailleurs sur le point de réactiver son alias Third Eye Foundation), qui prête sa voix d'outre-tombe sur plusieurs pistes (Dark Stuff, Chapter 19, le grandiose single Palestine) et dont la fréquentation l'a probablement incité à utiliser ses vieux synthés analogiques et greffer des éléments électroniques.
Ce sixième album aborde donc le grave sujet de notre mortalité et du chemin semé d'embûches que tout un chacun doit emprunter, “sans toutefois parler d'un voyage triste, mais plutôt d'une expérience colorée, parfois douloureuse, mais le plus souvent joyeuse”. Aboutissement d'un patient travail de deux ans, auquel ont participé Dave Colingwood (batteur de Gravenhurst), Gaëlle Kerrien et le mixeur Ken Thomas, Dust Lane voit le vocabulaire originel de Tiersen s'ouvrir à des éléments indus ou noisy et sa sensibilité maritime s'unir aux accents terrestres, slaves et balkaniques de son alter ego britannique, révélant une musique profonde et bouleversante. Une célébration des joies, des détresses, des zones d'ombre et des merveilleuses éclaircies de la condition humaine, doublée d'une invitation à savoir saisir (et profiter) des précieux moments de bonheur qui nous sont offerts.
À l'image du Voyageur (1878) de Nietzsche, le musicien est aujourd'hui un homme qui observe “les yeux ouverts à tout ce qui se passe en vérité dans le monde et garde en lui une part vagabonde, dont le plaisir est dans le changement et le passage”. Ainsi, dans un élan de beauté et de terrible lucidité, on peut chanter en chœur la vie, l'amour et la mort, enlacés les uns aux autres… les larmes aux yeux (Ashes, Till The End).
Yann Tiersen - Dust Lane (sampler) by MuteRecords