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Dear God, I Hate Myself de Xiu Xiu

chronique d'album
Si Jamie Stewart a délibérément omis de prendre ses régulateurs d'humeur, Dear God, I Hate Myself semble marquer un tournant décisif dans la discographie de Xiu Xiu. Privé de Caralee McElroy, épaulé par les fidèles Greg Saunier (Deerhoof) et Angela Seo, le musicien semble s'être réconcilié avec des formes plus évidentes pour servir au mieux ses ambitions musicales et son lyrisme exacerbé. Il réussit bien au-delà de certaines tentatives passées qui furent trop souvent absconses. En dépit d'une thématique toujours sombre et morbide (foi et amour désespérés, histoires de serial killers dignes du Killing For Company de Swans), ce neuvième Lp du Californien dénote parfois d'une certaine distance, d'autodérision, voire même d'ironie.

Il débute aussi par l'un des meilleurs morceaux engendrés par les nerfs malades de son auteur (Gray Death) : c'est toujours sur le squelette de chansons folk et dans la parcimonie pertinente de ses expérimentations les plus radicales que Stewart parvient à briller. Le titre éponyme, Chocolate Makes You Happy, This Too Shall Pass Away (For Freddy) et la reprise d'un titre folklorique des Appalaches du XIXe siècle (Cumberland Gap) touchent les cimes de la discographie de cet ingénieur en explosifs. Équipé ici d'une redoutable Nintendo DS, il n'hésite jamais à détruire mais omet parfois encore de reconstruire, comme en témoigne l'apocalyptique fin de Hyunhye's Theme. Même sil ne s'agit pas du meilleur album enregistré par Xiu Xiu il mérite tout de même l'attention de ceux qui s'étaient détourné d'une discographie inégale.
Xavier Mazure
MAGIC RPM  #140


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