Grosse séance de rattrapage pour le quartette mancunien qui
tient beaucoup à préciser qu'en dépit de son nom, il n'est pas composé de hippies accrochés à leurs arbres (sic).
Reprenant l'intégralité des titres de l'éponyme Working For A Nuclear Free City (2006), ce double album devrait
être considéré comme le premier.
En effet, le nouvel agencement et l'addition
conséquente de nouveau matériel a étoffé et redonné de la cohérence à l'aspect
quelque peu décousu de l'opus précité. Utilisant intelligemment l'électronique,
le groupe des frères Kay distille un délicieusement curieux mélange de folk, de
big beat, de pop psychédélique, d'indie et de krautrock. Souvent, les mélodies
hélicoïdales et les voix aériennes s'enroulent sur elles-mêmes pour créer de
nouvelles boucles, un peu comme si un groupe à guitares jouait de l'electro. De
retour d'une instructive tournée américaine où il fit grosse impression,
Working For A Nuclear Free City use du contre-pied et passe avec malice et
parfois sur le même titre, de la ballade folk à la microsymphonie (on pense à
Grizzly Bear et Caribou) ou de l'intimité au dancefloor.
Ici, les anges roulent
des pelles au diable ! Businessmen &
Ghosts, crie aussi avec l'humour pince-sans-rire et lapidaire du nord de
l'Angleterre, le désespoir que lui inspirent les religions (“En cherchant le paradis, ils ont créé la
guerre), le monde en général (“Si tu
es né pour devenir un esclave, comment feras-tu pour défendre les plus faibles
?”) et la société du spectacle (“Je
regarde la télé, je gobe leurs mensonges !”). En nous donnant matière à
réflexion, Working For A Nuclear Free City se démarque de la majeure partie de
la scène anglaise actuelle, qui, rayon conscience politique, semble avoir opté
pour l'impasse et choisi son camp…