Dans la catégorie groupe masculin au nom féminin, Women
était là avant Girls. Depuis 2008 et la parution d’un brûlot engorgé de
post-punk rêche et concis, de fulgurances pop, et de psychédélisme expérimental.
Deux ans plus tard, les Canadiens sortent Public
Strain, deuxième album toujours aussi sec mais aux sonorités plus
foisonnantes. Arrivés assez tard au Café de la Danse où ils donnèrent un
concert ébouriffant jeudi dernier, nous les avons rencontrés juste après une
balance éclair. [Interview Victor Thimonier].
Magicrpm : Salut, vous venez d'arriver ?
Matthew Flegel (basse, chant): Ouais, il y a 45 minutes. J'ai encore le goût d'Amsterdam en bouche, ça me dévore les papilles. (Rires.)
Vous avez démarré votre tournée il y a…
M: Dix jours environ. Ensuite, on doit encore avoir six ou sept dates dans les environs, puis on rentre à la maison pour une semaine, puis on repart en tournée en Amérique du Nord pour six semaines, puis on reviendrait en Europe pour encore cinq semaines. On a tout calé jusqu'à la Noël. Les réactions sont très positives pour le moment, surtout en Grande-Bretagne. Amsterdam, c’était très cool aussi.
Le second album vient de paraître, et j'ai été frappé par la différence avec son prédécesseur : les morceaux sont plus longs, peut-être moins concis.
Chris Reimer (guitare, chant): Avoir des chansons plus longues n’était pas une décision délibérée. Nous avions simplement des idées que nous essayions de concrétiser de la meilleure des manières. Par exemple, on avait cette ballade plutôt longuette, et à côté de ça, un p’tit brûlot d'une minute et demie à la Buzzcocks. C'est devenu Locust Valley, morceau hybride ponctué de batterie. À force de développer nos trouvailles, d’essayer de nouvelles choses, de foutre plein de réverb’ partout, on s'est retrouvé avec des pistes rallongées.
Vous n'avez pas vraiment de règles pour composer ?
C: Non, c'est différent à chaque fois. Pat (ndlr. Patrick Flegel, chanteur et guitariste) écrit toutes les chansons, les structures et les mélodies (ndlr. à ce moment-là, Pat le farouche entrouvre la porte, salue l'air content, puis se taille). Un bon nombre de ses démos se résument à un gimmick de guitare, ou à un rythme de batterie, puis on brode des trucs par dessus.
M: C'est toujours dépouillé au début, de vraies pop songs toutes simples. On les triture ensuite pour essayer de les rendre intéressantes au niveau du son.
C'est vrai que vous vous ingéniez à distordre.
C: C'est ça, on veut les faire accéder à une autre dimension, plus surprenante, pour les rendre plus intéressantes à écouter. Et ça fonctionne parce que je sais que pas mal de groupes se lassent assez vite de jouer tout le temps les mêmes morceaux chaque soir, alors que nous, ils restent toujours aussi drôles à dépoter.
M: Ouais, et ça fait plus de trois ans maintenant qu'on continue à les trouver aussi démentes.
Avez-vous toujours des nouveaux titres sous la main ?
M: Oui, on va en jouer une ce soir d'ailleurs.
C: En ce moment, on prépare un split single. Il va encore y avoir de nouvelles compositions dessus.
M: Le vinyle sera partagé avec DD/MM/YYYY via Altin Village, un label allemand. On y mettrait quatre morceaux a priori.
C: Ou une seule improvisation longue de vingt minutes plutôt.
Vos références sont-elles restées les mêmes au fil des années ? Sur Public Strain, vous êtes toujours autant orientés post-punk, mais vous voguez plus du côté new yorkais, alors que sur le premier LP, on pensait plutôt à des formations anglaises comme Wire ou This Heat.
M: Oui, je vois ce que tu veux dire. C'est vrai que sur le nouvel essai, on peut définitivement percevoir l’influence de Glenn Branca et tous ces groupes new-yorkais. On les écoute beaucoup.
C: Ce qui est marrant, c'est qu'on a écrit la plus grande partie du disque dans la foulée du premier. On s'est nourri de cette scène-là toute notre vie, mais elle ne ressort que maintenant dans notre musique parce qu'il nous fallait plus de temps pour la digérer. C'est une évolution assez logique à mon avis.
M: Le post-punk cherchait avant tout à créer quelque chose de perpétuellement neuf, à détruire le punk pour expérimenter le plus possible. On reste dans cette optique : toujours rester frais et novateur.
Magicrpm : Salut, vous venez d'arriver ?
Matthew Flegel (basse, chant): Ouais, il y a 45 minutes. J'ai encore le goût d'Amsterdam en bouche, ça me dévore les papilles. (Rires.)
Vous avez démarré votre tournée il y a…
M: Dix jours environ. Ensuite, on doit encore avoir six ou sept dates dans les environs, puis on rentre à la maison pour une semaine, puis on repart en tournée en Amérique du Nord pour six semaines, puis on reviendrait en Europe pour encore cinq semaines. On a tout calé jusqu'à la Noël. Les réactions sont très positives pour le moment, surtout en Grande-Bretagne. Amsterdam, c’était très cool aussi.
Le second album vient de paraître, et j'ai été frappé par la différence avec son prédécesseur : les morceaux sont plus longs, peut-être moins concis.
Chris Reimer (guitare, chant): Avoir des chansons plus longues n’était pas une décision délibérée. Nous avions simplement des idées que nous essayions de concrétiser de la meilleure des manières. Par exemple, on avait cette ballade plutôt longuette, et à côté de ça, un p’tit brûlot d'une minute et demie à la Buzzcocks. C'est devenu Locust Valley, morceau hybride ponctué de batterie. À force de développer nos trouvailles, d’essayer de nouvelles choses, de foutre plein de réverb’ partout, on s'est retrouvé avec des pistes rallongées.
Vous n'avez pas vraiment de règles pour composer ?
C: Non, c'est différent à chaque fois. Pat (ndlr. Patrick Flegel, chanteur et guitariste) écrit toutes les chansons, les structures et les mélodies (ndlr. à ce moment-là, Pat le farouche entrouvre la porte, salue l'air content, puis se taille). Un bon nombre de ses démos se résument à un gimmick de guitare, ou à un rythme de batterie, puis on brode des trucs par dessus.
M: C'est toujours dépouillé au début, de vraies pop songs toutes simples. On les triture ensuite pour essayer de les rendre intéressantes au niveau du son.
C'est vrai que vous vous ingéniez à distordre.
C: C'est ça, on veut les faire accéder à une autre dimension, plus surprenante, pour les rendre plus intéressantes à écouter. Et ça fonctionne parce que je sais que pas mal de groupes se lassent assez vite de jouer tout le temps les mêmes morceaux chaque soir, alors que nous, ils restent toujours aussi drôles à dépoter.
M: Ouais, et ça fait plus de trois ans maintenant qu'on continue à les trouver aussi démentes.
Avez-vous toujours des nouveaux titres sous la main ?
M: Oui, on va en jouer une ce soir d'ailleurs.
C: En ce moment, on prépare un split single. Il va encore y avoir de nouvelles compositions dessus.
M: Le vinyle sera partagé avec DD/MM/YYYY via Altin Village, un label allemand. On y mettrait quatre morceaux a priori.
C: Ou une seule improvisation longue de vingt minutes plutôt.
Vos références sont-elles restées les mêmes au fil des années ? Sur Public Strain, vous êtes toujours autant orientés post-punk, mais vous voguez plus du côté new yorkais, alors que sur le premier LP, on pensait plutôt à des formations anglaises comme Wire ou This Heat.
M: Oui, je vois ce que tu veux dire. C'est vrai que sur le nouvel essai, on peut définitivement percevoir l’influence de Glenn Branca et tous ces groupes new-yorkais. On les écoute beaucoup.
C: Ce qui est marrant, c'est qu'on a écrit la plus grande partie du disque dans la foulée du premier. On s'est nourri de cette scène-là toute notre vie, mais elle ne ressort que maintenant dans notre musique parce qu'il nous fallait plus de temps pour la digérer. C'est une évolution assez logique à mon avis.
M: Le post-punk cherchait avant tout à créer quelque chose de perpétuellement neuf, à détruire le punk pour expérimenter le plus possible. On reste dans cette optique : toujours rester frais et novateur.