Aidé par Chad VanGaalen qui se charge ici d’une production sépia, affûtée et crépitante,
Women mêle cordes pincées et tambourins hantés,
couches sonores dissonantes et chant d’illuminé cerné par l’écho, ritournelles
fugitives d’une beauté flagrante et interludes vrillés par des accords d’enfer.
Comme si MGMT s’était fait sadiquement triturer les méninges par le Velvet
Underground originel, comme si Syd Barrett avait traversé l’Atlantique
pour manigancer avec le Magic Band de Captain Beefheart. Si Fleet Foxes a récemment remis au goût du jour les gentilles
chèvres et les plus cristallines saillies chorales des années 60, les quatre
hommes de Calgary se ceignent de serpents mortels et rallument les flammes les
plus voraces et opiacées de l’époque. Et quand s’abattent avec un entêtement de
damné les larsens insensibles de la chanson terminale Flashlights, on révise notre jugement premier. Peu importe l’amour,
Women vit d’acide. Et encore d’acide.