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At Mount Zoomer
archive mag juin 2008
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On ne dira jamais assez tout le bien qu'on pense de Spencer Krug. Avec Wolf Parade et Sunset Rubdown, il a signé les deux meilleurs albums de la nouvelle vague canadienne – Apologies To The Queen Mary (2006) et Random Spirit Lover (2007). Malgré un engouement certain du public averti pour ces disques, on est encore trop loin du tsunami d'amour qu'ils devraient susciter. Surtout qu'on a cerné les limites de cette scène en frisant l'indigestion d'Arcade Fire. Ce n'est sans doute pas un hasard si At Mount Zoomer, deuxième opus de Wolf Parade, a failli s'intituler Pardon My Blues. Le signe d'une certaine résignation, un humour de challenger lésé. On peut aussi y trouver une clé d'entrée pour comprendre la déception ressentie à son écoute. Bien que supérieur à l’immense majorité de ce qui remplit actuellement les bacs, et contenant quelques pépites aveuglantes (Call It A Ritual, Bang Your Drum et surtout l'extatique California Dreamer), il fait montre globalement d'une amabilité contrainte. Comme si la pédale douce avait été envisagée par défaut pour élargir l'audience. Le chant de coyote blessé, les rythmiques ivres montées en spirale, les illuminations pop, la mélancolie rock, les changements de perspective, tout est intact mais par trop soigneusement agencé. Ainsi, The Great Estates n'est rien d'autre que la copie assagie et recadrée de Modern World, chef-d'œuvre du groupe. En prenant le temps de se demander où aller et à qui s'adresser, les Montréalais ont perdu en folie et en verve mélodique ce qu'ils gagnaient en précision et en accessibilité. Le charme n'est pas rompu, ce n'est qu'un petit coup de blues.
Michaël Patin
article extrait de :
MAGIC RPM #121
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