Dans leur déjà longue carrière, les Texans Dan Matz et Jason
McNeely n’auront eu de cesse que d’emprunter les chemins, pas si boueux que ça,
de notre nostalgie, tout en arrivant à composer l’image d’une entité forte,
celle d’un groupe, Windsor For The Derby, qu’on suivra désormais où qu’il
aille, sans dévotion excessive mais avec toujours autant de désir, d’envie et de
curiosité. Le ravissement à jamais renouvelé avec lequel on reçoit chaque album
s’accommode donc toujours un peu d’un retour en adolescence, car les références
pleinement assumées aux catalogues Cherry Red, 4AD et surtout Factory ont fait
office de variations, semant le trouble jusque dans la citation sans jamais
renier ce qui faisait leur incroyable identité. Cette fois, on pourra dire en
fanfaronnant que c’est The Cure à travers les âges qui fait office de lanterne.
Si les emprunts cotonneux ou avérés (Our Love’s A Calamity a des faux airs de Six Different Ways, Hips ne déparerait pas sur la BOF de Carnage Visors) donnent une impression, à l’instar du groupe de Robert Smith qui savait être impressionniste, l’entité Windsor For The Derby reste bien en évidence. Allant même jusqu’à affirmer son identité sudiste par la pedal-steel de l’épatante et savoureuse comptine opiacée Dull Knives et en se faisant le chantre d’une Tropical Depression. Une dépression d’autant plus délectable qu’elle s’accomplit dans un registre acoustique, retenu, patient et évolutif, plaçant des chansons au milieu de plages instrumentales de toute beauté, sans intention de remplissage, comme s’énonce en une certaine logique une somme de connaissances, dévoilées au fil du temps et des écoutes, dans une volonté jamais démentie de se livrer le plus lentement possible. Une fois de plus, la réussite est là, à la fois éclatante et modeste. Pire qu’une formation rétro ou simplement nostalgique, Windsor For The Derby est une uchronie qui prolonge notre adolescence new-wave, tout en l’effaçant par son génie propre.
Si les emprunts cotonneux ou avérés (Our Love’s A Calamity a des faux airs de Six Different Ways, Hips ne déparerait pas sur la BOF de Carnage Visors) donnent une impression, à l’instar du groupe de Robert Smith qui savait être impressionniste, l’entité Windsor For The Derby reste bien en évidence. Allant même jusqu’à affirmer son identité sudiste par la pedal-steel de l’épatante et savoureuse comptine opiacée Dull Knives et en se faisant le chantre d’une Tropical Depression. Une dépression d’autant plus délectable qu’elle s’accomplit dans un registre acoustique, retenu, patient et évolutif, plaçant des chansons au milieu de plages instrumentales de toute beauté, sans intention de remplissage, comme s’énonce en une certaine logique une somme de connaissances, dévoilées au fil du temps et des écoutes, dans une volonté jamais démentie de se livrer le plus lentement possible. Une fois de plus, la réussite est là, à la fois éclatante et modeste. Pire qu’une formation rétro ou simplement nostalgique, Windsor For The Derby est une uchronie qui prolonge notre adolescence new-wave, tout en l’effaçant par son génie propre.