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Vessel States de Wilderness

chronique d'album
Le catalogue du label américain Jagjaguwar, avec une petite dizaine d'année de recul, apparaît bien comme un digne concurrent de celui de Drag City dans son aspect sanctuaire pour illuminés passionnants. Très porté sur le courant alternatif, comme la country éplorée de The Skygreen Leopards, le folk déraciné de Nagisa Ni Te ou les bricolages pop de Minus Story, cette structure de l'Indiana jouit d'une indépendance éditoriale qui lui permet de signer des artistes aussi différents que singuliers. Pour le cas du quatuor Wilderness, c'est plutôt vers le post-rock primitif des années 1980 à la Savage Republic et les accords tranchants de Slint qu'il faudra se tourner. Vessel States impose dès les premières mesures un style brûlant au service d'une sauvagerie mesurée : arpèges électriques qui résonnent au loin, basse lourde et enveloppante, chant gonflé à la testostérone qui s'abat comme un coup de tonnerre sur des morceaux à la tension rageuse, au bord de l'explosion (In The Sky). De ce contraste saisissant entre les déclamations plaintives de James Johnson et le tempo ralenti d'une batterie éparpillée qui ménage ses effets, il ressort de ce deuxième Lp quelques perles emo (Beautiful Alarms et Death Verses, deux titres piquant comme de l'électricité statique). Mais la singularité bienvenue de Wilderness est aussi sa limite, car Vessel States distille un sentiment de redite et de surplace qui nuit à l'adhésion complète de l'ensemble. Même s'il est parfois bon de se perdre dans cette jungle en pleine déforestation.
THOMAS BARTEL
MAGIC RPM  #99
article extrait de :
MAGIC RPM #99 Commander ce numéro


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