Après la démonstration de force quelque peu pépère (et sacrément chiante
sur les bords) Sky Blue Sky (2007),
Wilco nous devait une revanche. C’est vrai quoi, après le sensationnel Summerteeth (1999), le chef-d’œuvre
expressionniste Yankee Hotel Foxtrot
(2002), la réplique longuette A
Ghost Is Born (2004), et donc, Sky
Blue Sky, le risque du lâchage de rampe guettait. Mais dès que retentissent
les premières secondes alertes de Wilco
(The Song), le pardon est accordé, et la rampe, on s’y cramponne avec la
conviction du prosélyte heureux de louer cette mélodie d’école qui électrise
illico l’attention et la fait tintinnabuler à coups de cloches. S’ensuivent Deeper Down, une ritournelle magistrale
qui s’épanouit dans la retenue avant de s’évanouir dans une valse unique de
sonorités distendues et d’arrangements tamisés, puis One Wing, qui débute encore en faisant résonner dans le dénuement
la grâce vocale de Jeff Tweedy, avant de s’embarquer dans l’une de ses grisantes
cavalcades folk rock dont les Chicagoans détiennent le précieux secret.
Trois chansons et les choses semblent claires : Wilco a épuré ses intentions pour les dévouer entièrement à des compositions dépouillées de toutes excroissances stylistiques. Mais quand on s’imagine que chaque seconde va s’écouler avec ce naturel déconcertant, les Américains versatiles font détonner l’orageuse fugue électrique Bull Black Nova. Dans la droite lignée bruitiste et butée de l’ancien Spiders (Kidsmoke), ce climax cathartique vient briser une harmonie que You And I réinstalle avec douceur. Tweedy enlace alors la voix de Feist, qui se love dans une discrétion propre à magnifier cette tirade acoustique d’une rare pureté. Jeff s’y exprime avec la tendresse des plus beaux jours, peut-être heureux de chanter l’apaisement après avoir tant fait jaillir les fêlures. Les pianos en salve de You Never Know amplifient la légèreté ambiante de ce septième album, quand Solitaire propose une nouvelle accalmie où les arpèges sont tressés au bord d’un lit d’orgue sur lequel se reposent les chuchotements du diseur. I’ll Fight continue de porter aux nues un songwriting d’excellence : paroles et instrumentation se marient dans une harmonie de slide et de claviers pour créer un parangon d’americana moderne.
En fin de parcours, Sonny Feeling renvoie à l’entrain originel de Summerteeth, quand l’affective expérimentation terminale Everlasting paraît destinée à exorciser pour de bon la peine de Yankee Hotel Foxtrot. On est d’ailleurs facilement tenté de prendre au pied de la lettre le titre de ce disque à l’apparente (et donc lumineuse) simplicité. Comme si Wilco (The Album) reflétait tous les éclats de beauté musicale que la formation a su répandre depuis quinze ans. Comme si, au lieu de se complaire dans leur statut de caciques du folk américain, Wilco avait ouvert les fenêtres pour respirer à plein poumon, avant de rigoler un bon coup en apercevant un chameau avec un chapeau pointu sur le balcon. Et de se dire que, aussi ubuesque soit-elle, la vie pouvait être une chouette expérience.
Trois chansons et les choses semblent claires : Wilco a épuré ses intentions pour les dévouer entièrement à des compositions dépouillées de toutes excroissances stylistiques. Mais quand on s’imagine que chaque seconde va s’écouler avec ce naturel déconcertant, les Américains versatiles font détonner l’orageuse fugue électrique Bull Black Nova. Dans la droite lignée bruitiste et butée de l’ancien Spiders (Kidsmoke), ce climax cathartique vient briser une harmonie que You And I réinstalle avec douceur. Tweedy enlace alors la voix de Feist, qui se love dans une discrétion propre à magnifier cette tirade acoustique d’une rare pureté. Jeff s’y exprime avec la tendresse des plus beaux jours, peut-être heureux de chanter l’apaisement après avoir tant fait jaillir les fêlures. Les pianos en salve de You Never Know amplifient la légèreté ambiante de ce septième album, quand Solitaire propose une nouvelle accalmie où les arpèges sont tressés au bord d’un lit d’orgue sur lequel se reposent les chuchotements du diseur. I’ll Fight continue de porter aux nues un songwriting d’excellence : paroles et instrumentation se marient dans une harmonie de slide et de claviers pour créer un parangon d’americana moderne.
En fin de parcours, Sonny Feeling renvoie à l’entrain originel de Summerteeth, quand l’affective expérimentation terminale Everlasting paraît destinée à exorciser pour de bon la peine de Yankee Hotel Foxtrot. On est d’ailleurs facilement tenté de prendre au pied de la lettre le titre de ce disque à l’apparente (et donc lumineuse) simplicité. Comme si Wilco (The Album) reflétait tous les éclats de beauté musicale que la formation a su répandre depuis quinze ans. Comme si, au lieu de se complaire dans leur statut de caciques du folk américain, Wilco avait ouvert les fenêtres pour respirer à plein poumon, avant de rigoler un bon coup en apercevant un chameau avec un chapeau pointu sur le balcon. Et de se dire que, aussi ubuesque soit-elle, la vie pouvait être une chouette expérience.
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SKY BLUE SKY EST UN DES PLUS BEAUX ALBUMS JAMAIS REALISE
"THE ALBUM" EST PAR CONTRE UN PEU DECEVANT ET NE PASSERA PAS A LA POSTERITE
"THE ALBUM" EST PAR CONTRE UN PEU DECEVANT ET NE PASSERA PAS A LA POSTERITE