On les voit venir de
loin ceux qui, à la première écoute de Sky Blue Sky, oseront parler de régression traditionaliste
chez Jeff Tweedy et ses hommes, voire de passéisme. Triste et paresseux constat
de ne voir ici à l’œuvre que de besogneux archéologues explorant sans le moindre
recul et sans la moindre distance les tréfonds d’une histoire centenaire, celle
de la musique enregistrée en Amérique. Il est vrai que Jim O’Rourke, à l’œuvre
sur les précédents et non moins remarquables albums de Wilco (collaboration
poussée qui aboutit également aux deux excellents Lp’s de Loose Fur), est absent
ici, et que le propos est recentré sur des compositions, souvent tristes et
faussement calmes, bien moins ouvertes que par le passé.
Mais plutôt que des brocanteurs qui remettraient en état quelques brinquebalantes armoires normandes (The Band, The Beatles, The Flying Burritto Brothers, Lynyrd Skynyrd), le groupe atteint ici une forme de sagesse, de douceur, de maturité dans les compositions qui, si elle doit effectivement beaucoup aux enseignements des glorieux anciens, n’en demeurent pas moins une sorte d’accomplissement grandiose. Il faut d’abord écouter Sky Blue Sky en voiture, puis le ramener chez soi afin que son excellence imprime sa marque dans notre quotidien. Il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas établi un rapport aussi intime, viscéral même, avec un simple disque, dont voici quelques merveilles détaillées. L’idée de génie, par exemple, est d’avoir placé en ouverture deux morceaux basés sur la même suite d’accords (Either Way et You Are My Face). Il va donc falloir donner un peu de soi, être attentif aux détails qui sont légion sous cette tranquillité d’apparence. La troisième plage (Impossible Germany), lacustre ballade qui contient le plus bouleversant solo de guitare du XXIe siècle entendu à ce jour, est à la fois un tour de force et le sommet du disque.
Au milieu du morceau, Jeff Tweedy commence un solo à la Tom Verlaine, fait ses gammes, tout en tissant des motifs virtuoses et jamais assommants, avant que deux guitares à la tierce déboulent dans la grande tradition de Thin Lizzy et forment un canevas où notre homme va perdre toute sa retenue, se lâcher dans une véritable apothéose et rejoindre le groupe qui, au final, retombe sur ses pattes. L’album continue et contient d’autres sommets (Walken), distillant une mélancolie pleine d’espoir (On And On And On), mais la place nous manque et l’on s’en tiendra à ce simple constat : Wilco est aujourd’hui, n’en déplaise à certains, au sommet de son art.
Mais plutôt que des brocanteurs qui remettraient en état quelques brinquebalantes armoires normandes (The Band, The Beatles, The Flying Burritto Brothers, Lynyrd Skynyrd), le groupe atteint ici une forme de sagesse, de douceur, de maturité dans les compositions qui, si elle doit effectivement beaucoup aux enseignements des glorieux anciens, n’en demeurent pas moins une sorte d’accomplissement grandiose. Il faut d’abord écouter Sky Blue Sky en voiture, puis le ramener chez soi afin que son excellence imprime sa marque dans notre quotidien. Il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas établi un rapport aussi intime, viscéral même, avec un simple disque, dont voici quelques merveilles détaillées. L’idée de génie, par exemple, est d’avoir placé en ouverture deux morceaux basés sur la même suite d’accords (Either Way et You Are My Face). Il va donc falloir donner un peu de soi, être attentif aux détails qui sont légion sous cette tranquillité d’apparence. La troisième plage (Impossible Germany), lacustre ballade qui contient le plus bouleversant solo de guitare du XXIe siècle entendu à ce jour, est à la fois un tour de force et le sommet du disque.
Au milieu du morceau, Jeff Tweedy commence un solo à la Tom Verlaine, fait ses gammes, tout en tissant des motifs virtuoses et jamais assommants, avant que deux guitares à la tierce déboulent dans la grande tradition de Thin Lizzy et forment un canevas où notre homme va perdre toute sa retenue, se lâcher dans une véritable apothéose et rejoindre le groupe qui, au final, retombe sur ses pattes. L’album continue et contient d’autres sommets (Walken), distillant une mélancolie pleine d’espoir (On And On And On), mais la place nous manque et l’on s’en tiendra à ce simple constat : Wilco est aujourd’hui, n’en déplaise à certains, au sommet de son art.