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The Light At The End Of The Tunnel Is A Train

archive mag avril 2005
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On voit déjà le tableau. Trente ans bien tapés, quelques cadavres dans le placard, et cette sensation prenante d'être passé à côté de sa vie... Un jour, Nathan J Whitey a décidé que les conneries, c'était fini. Sa longue expérience dans les couloirs du music business au service de projets plus mystérieux les uns que les autres lui ayant appris que le concept faisait tout, il s'en est trouvé un pile dans l'air du temps. Nostalgique sans avoir l'air d'y toucher, assez originale pour satisfaire les caractères exigeants, sa formule réunit les deux côtés de l'indie de façon plus convaincante que les éculées tentatives post-punk-funk-baggy made in NYC. Bon, d'accord, tout cela ne rend pas très sympathique cette tête à claques des Midlands. D'ailleurs, il n'est pas sympathique. Il est doué. Plus que ce savant calcul, c'est le résultat qu'il faut applaudir. Son fulgurant premier single, Leave Them All Behind, annonçait déjà la couleur noctambule et neurasthénique de cet album. Du shoegazing, il garde l'esprit indolent et flâneur, pour y conjuguer une touche rock psyché sous haute tension electro. L'influence dub en moins, le son riquiqui en plus, on n'est en somme pas loin de Death In Vegas, dont l'épique Y.U.H.2.B.M.2 offre un écho quasi parfait. Un disque de drogués, toutes basses éteintes, minimaliste mais pas frigide, paré pour ressusciter coupes au bol et jeans mous sur le dancefloor. L'oeil voilé et le discours vaguement existentialiste ("What's wrong with me?", "Why you hate to be me?"), Whitey est un bosseur qui ne s'ignore pas et un faux branleur avéré. Preuve que le travail paye grassement, ses bombinettes underground sont déjà sur toutes vos télés, rayon publicité. Just call him winner, whitey.

ESTELLE CHARDAC

magazine num 89 article extrait de :
MAGIC RPM #89


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