Vivre à Tahiti est idéal pour briller au surf. Quant à Austin, Texas, c'est l'un des meilleurs spots américains pour jouer dans un groupe rock puisque South By Southwest, le plus grand raout américain, donne la possibilité de provoquer des remous chaque année. White Denim a su prendre la vague. Mené par le guitar-hero James Petralli, viré de son équipe professionnelle de base-ball pour cause de vie nocturne turbulente, White Denim est de ces formations qu'on peut encore qualifier de rock’n’roll. Ce premier Lp débute, avec Let's Talk About It, comme un pétaradant hommage au rock garage. Mais vous vous doutez bien qu'une nostalgie démodée n'aurait pas suffi à créer le buzz. À l’instar de Black Lips, les Texans apportent leur folie moderne au rock de papa. Plus d'une influence a déteint sur White Denim, à commencer par le psychédélisme et la déification de la guitare par Jimi Hendrix. Guitares fuzz, pédales Wah-Wah, on imagine les longs cheveux des musiciens voltigeant au rythme de leur headbanging sur Mess Your Hair Up. Les Américains ont en fait des coupes sages et surprennent en référant aussi bien à Jon Spencer Blues Explosion qu'à The Red Krayola. Si les guitares sont les reines de Workout Holiday, elles sont violées par un rasoir en guise de médiator sur Darksided Computer Mouth. Sur ce titre, la voix est familière au hard rock des seventies tandis qu'elle nous enchantait un peu plus tôt sur une ballade pop. Encore plus improbable, Don't Look That Way At It expérimente du côté de Dirty Projectors avec cette voix malléable à souhait et l'indéniable talent de guitariste de Petralli. Workout Holiday est donc un album où White Denim passe par toutes les couleurs, mais sans perdre son atout principal : l'élasticité.