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À l'écoute de D, troisième album de White Denim – successeur du déjà convaincant Fits (2009) –, force est de constater que, contrairement à ce que craignait l'un de nos collègues, le trio d'Austin ne “s'est pas fait manger par les coyotes” (cf. magic n°133). On dirait même qu'il a pris du poil de la bête et acquis beaucoup d'assurance, impressionnant récemment un public anglais qui en a pourtant vu d'autres sur scène et qui, par ailleurs, n'est pas forcément tendre avec la concurrence américaine…

Dominé par la superlative versatilité du jeu de guitare de James Petralli, cet album, savamment construit, étonne par l'aisance avec laquelle ce groupe parvient à faire converger la pop directe de Marc Bolan (It's Him) et un power rock de facture assez classique (Is And Is And Is) vers une forme de blues progressif sous influence (Drugs, Burnished, Bess St.), dont les extensions psychédéliques (At The Farm, Anvil Everything) doivent autant au tricotage de leurs illustres concitoyens The 13th Floor Elevators qu'aux envolées laidback des légendes de la côte ouest comme The Grateful Dead, Quicksilver Messenger Service ou encore Spirit. En termes de finesse et de souplesse, les fans des derniers noteront les similitudes entre la batterie de Josh Block et celle de l'octogénaire Ed Cassidy (jazzman de formation).

Archétype d'une synthèse réussie et pièce centrale de l'opus, River To Consider (amenée par une flûte à la Jethro Tull), rappelle, quant à elle, l'intelligente mouture californienne de Seventeen Evergreen, dont on serait curieux d'avoir des nouvelles. Vous pouvez d'ores et déjà ajouter le nom de White Denim à ceux de Spoon, I Love You But I've Chosen Darkness et Okkervil River (parmi d'autres) à la liste des principaux acteurs d'une scène texane florissante et inspirée, qui décidément ne cesse de faire preuve d'une vitalité et d'une inventivité étonnantes.

Marc Gourdon
MAGIC RPM  #153


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