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Every Day I Said A Prayer For Kathy And Made A One Inch Square

archive mag juin 2007
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Pour tout dire, on avait complètement perdu de vue Wheat, ce groupe formé par deux étudiants du Massachusetts, découvert sur Hope & Adams (1999), deuxième album produit par Dave Fridmann qui marchait conséquemment sur les plates-bandes de Mercury Rev, Radar Bros et The Flaming Lips, avec ce supplément d’âme qui fait toujours la différence entre les talents singuliers et les moines copistes. Passé l’épisode (pas vu pas pris) de Per Second, Per Second, Per Second... Every Second (2003), on assiste à la renaissance artistique de Scott Levesque et Brendan Harney, qui se remirent tant bien que mal du départ précipité de leur batteur Ricky Brennan, présent depuis l’inaugural Medeiros (1997). Dès Closeness, le ton est donné. Quitte à se battre contre des éoliennes, Wheat n’a plus de temps à perdre – ce qui explique le rythme soutenu et la tension progressive de cette entrée en matière immédiatement mémorable, au contraire du titre à rallonge de l’album. Puis Conrad Lambert, alias Merz, semble s’inviter derrière le micro de Little White Dove, qui évoque tout un pan du rock indépendant américain des années 90 (Pavement en tête). C’est que Scott Levesque et Ricky Brennan prennent un malin plaisir à emprunter des chemins de traverse, tout en prétendant aux ondes radiophoniques. Ce paradoxe apparent culmine sur le troisième morceau, Move = Move, qui résume en quatre minutes entêtantes à souhait la discographie de Cake. On pourrait ainsi multiplier les motifs d’emballement de ce disque, qui met du baume au cœur de l’auditeur au lendemain funeste d’un dimanche électoral. La moisson tardive de Wheat (“blé” en anglais) confirme que tout arrive à point à qui sait attendre.

Franck Vergeade

magazine num 111 article extrait de :
MAGIC RPM #111


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