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Maladroit

archive mag mai 2002
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Heureusement, il est encore des groupes qui se permettent de sortir un album à peine enregistré, sans attendre le délai de rigueur imposé aujourd'hui de manière officieuse par les contingences du music-business. Ainsi, avec ce successeur de l'impeccable Green Album, Weezer vient s'asseoir tout près d'un Radiohead dont les rendez-vous discographiques annuels sont loin de nuire à sa carrière commerciale. Ce nouveau disque explore même des voies nouvelles. Le son y est souvent plus gros, plus lourd. Cependant, le quatuor américain semble s'être engagé dans une impasse, mélodique surtout. En effet, si l'on retrouve tout de même quelques chansons joyeuses, tantôt douces (Dope Nose), tantôt incisives (American Gigolo, Burndt Jamb), les mélodies de Maladroit se révèlent un rien pataudes, voire carrément poussives (Slob). Mais au royaume des aveugles du punk mélo californien, un petit riff weezerien écrase n'importe quel "chef-d'oeuvre" de Blink 182. Et si Weezer a un talent redoutable pour les chansons délicates, lumineuses et mélancoliques qu'il sait dissimuler (à peine, c'est vrai) derrière des hymnes pop malicieux, sachez qu'il vous faudra l'oublier pour pouvoir apprécier, sans amertume, ce disque pas seulement... maladroit. Le premier faux pas dans un parcours jusqu'ici exemplaire.

Sylvain Collin

magazine num 61 article extrait de :
MAGIC RPM #61


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