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Hope & Sorrow de Wax Tailor

chronique d'album
Bien qu'impliqué dans le hip hop en France depuis le début des années 90 (notamment au sein de La Formule), JC Le Saoût a surpris son monde en 2005 avec Tales Of The Forgotten Melodies, premier long format sous l'alias Wax Tailor. Si ce n'était pas la première fois qu'un artiste mettait sa cinéphilie au service du rap abstrait, on avait rarement entendu partition du genre si inspirée et touchante, surtout dans nos contrées où le Mc est roi. Alors que le vertige de Que Sera ou Am I Free ne s'est pas encore dissipé dans le marathon des tendances, Hope & Sorrow vient confirmer ce que nous savions déjà : Wax Tailor joue en première division du hip hop international. Sourd aux complexes franco-français, il poursuit son exploration onirique de la northern soul et du trip hop, tutoyant des sommets d'élégance que Rae & Christian ou The Herbaliser n'atteindront plus jamais (on ne parle même pas de RJD2, qui patauge dans la boue depuis Deadringer, 2002). Hope & Sorrow fait montre d'une inventivité de chaque instant (samples vocaux chroniques, nombreux instruments à vent), soutenue par une production ample et frontale. On peut mettre au défi quiconque écoutera Once Upon A Past, Positively Inclined ou There Is Danger de ne pas y revenir en courant. Si la cohérence d'ensemble est moins évidente que la fois précédente, l'album compense par son classicisme et ses brillants featurings. Des poisons bristoliens de la fidèle Charlotte Savary aux parfums capiteux de Sharon Jones (The Way We Lived), du spoken word fiévreux d'Ursula Rucker (We Be) au flow percutant de The Others (House Of Wax), les invités ne sont pas là pour cachetonner mais par pure empathie, irriguant généreusement les sillons du maître des lieux. Preuve que l'espoir fait vivre et que la tristesse est créatrice, Hope & Sorrow est d'ores et déjà l'une des oeuvres majeures de l'année.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #109


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