A Lire
Dermaphrodite
archive mag avril 2006
Soyez le premier à réagir
Si Catherine Watine nous avait impressionnés, c'était d'abord, reconnaissons-le, par la qualité de son carnet d'adresses. Échappée de nulle part, la Française était parvenue à enchanter les plus pertinents fleurons de la scène électronique internationale pour mettre en son ses compositions sur le délicat Random Moods. Mais ce projet rare paru sur un label mort-né est malheureusement passé par trop inaperçu. La sortie de Dermaphrodite lui donne l'occasion de prendre sa revanche, et d'offrir à entendre ses graciles ritournelles, délicieusement acoustiques ou subtilement électroniques. En ouverture, l'équivoque personnage qui nous reçoit s'avère perturbant sur un Follow My Vision hanté par le souffle intemporel de Robert Wyatt. Il s'agit pourtant d'un disque féminin jusqu'au bout des arrangements, qui reflète les songes de Watine, double apaisé de Marianne Faithfull, au timbre certes moins goudronné. Cette musique rêveuse nous fait déambuler en charmante compagnie d'un univers à l'autre, des ambiances bleutées d'un cabaret digne de Kurt Weill aux breakbeats bucoliques de Boards Of Canada (Afraid), ou comme si This Mortal Coil était privé de tout oripeau gothique. Watine nous offre un exemple de ténacité et d'indépendance, que viennent couronner des chansons inspirées.
ALEXANDRE COGNARD
article extrait de :
MAGIC RPM #99
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :