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Biographie

On le sait depuis longtemps déjà. Mais on aurait pu croire la tendance apaisée. Eh bien, non. Mis à part le Manchester des années 80, on n’avait pas vu scène musicale aussi incestueuse que celle de Chicago. Là-bas, les musiciens s’échangent, sans arrière-pensée, idées et matériel, voguent d’un groupe à l’autre, s’unissent pour concrétiser leurs desseins, aussi personnels soient-ils. En provenance du Sud, W.W. (ou William, ou Bill) Lowman a posé ses valises et ses flightcases dans la cité aux larges épaules un beau matin de 1998. Depuis, on l’a croisé aux côtés de Jim O’Rourke et Bobby Conn, Will Oldham et Smog, Edith Frost et L’Altra. À la basse, parfois ; à la guitare, souvent, son instrument de prédilection, avec lequel il est capable de distiller les arpèges les plus raffinés qui soient. Insatiable et polyvalent, le jeune homme a aussi trouvé le temps de lancer en compagnie de son vieux copain Brad Gallagher le tandem Bosco & Jorge, projet à géométrie évolutive déclinant, tout au long de deux albums et d’une poignée de singles, une country avant-gardiste et expérimentale. Mais W.W a aussi trouvé le temps de se lancer en solitaire. Enfin, en solitaire… Sur Plain Songs (2007), ils sont bien sûr une palanquée à lui avoir prêté main forte, de sa petite amie Lindsay Anderson (la voix enchanteresse de L’Altra) à Mark Greenberg (The Coctails), en passant surtout par Frank Navin, la tête pensante de The Aluminum Group. “La plupart des morceaux du disque sont nés d’idées instrumentales. C’est pour cela que je tenais à travailler avec lui. Car je voulais que ces titres puissent aussi bien s’exprimer par leur univers sonore que dans un format de chanson, un domaine dans lequel Frank excelle”. Plus que “simple” musicien et songwriter, W.W.Lowman est en fait un sculpteur. Il pétrit la matière sonore, lui donne les formes (charnelles, émaciées) que lui suggère son imagination. Échafaudées sur trois ans, les sept compositions jonglent ainsi avec la liberté du jazz et l’immédiateté de la pop. Donnent l’impression de se perdre avant de retrouver leur route, guidées parfois par une voix hospitalière. Elles évoquent aussi ces paysages infinis et crépusculaires que seuls, ou presque, Bark Psychosis et son indémodable Hex étaient parvenus à suggérer avec une telle splendeur. Sans même être conscient d’avoir ainsi fricoté avec l’éternité, Bill, lui, scrute de nouveaux horizons, avouant s’être attelé au second chapitre de ses excursions en solo, évoquant un futur album de Bosco & Jorge ou sa collaboration sur le prochain disque de The Aluminum Group, baptisé Little Happiness.