Comme toutes personnes pressées, les Vivian Girls puisent dans leur jeunesse une urgence qui imprègne leur musique et les font avancer contre vents et marées. Après deux albums marqués au fer rouge du punk et un nombre incalculable de concerts à travers le monde, ces héritières post-modernes du mouvement riot grrls ont toujours préféré aux discours féministes grinçants l’état de grâce permanent d’une innocence intouchable. Soit le croisement idéal entre le mouvement indie britannique des années 80 estampillé C86 et l’âpreté sonique de l’Amérique dissidente des années 90. Mais dans le tumulte incessant de groupes lo-fi (Crystal Stilts, The Pains Of Being Pure At Heart) qui ont émergé récemment sur la scène de Brooklyn, comment Cassie Ramone (guitare, chant), Katy Goodman (basse, chant) et la nouvelle recrue Fiona Campbell (batterie) allaient-elles tenir la distance ? Car le risque était grand de les voir épuiser une formule magique où fusionnent guitares punk, batterie rockabilly et harmonies vocales d’un autre temps sur des morceaux forcément très courts.
Share The Joy dissipe instantanément nos doutes en s’ouvrant sur le beau et ombrageux The Other Girls, longue profession de foi de six minutes au tempo inhabituellement alangui : “I don’t want to live my life like the other girls/I don’t want to spend my time like the other girls/I don’t want to lie like the other girls/I just want to spend my time inside my mind”. En prônant l’introspection, l’horizon de ces jeunes rockeuses s’est brusquement élargi, et c’est toute une nouvelle palette de couleurs plus nuancées qui éclabousse leurs chansons. Les sprints successifs de Everything Goes Wrong (2009) ont cédé la place à des structures moins rectilignes et attendues, comme sur Trying To Pretend où l’alternance acoustique/électrique fait des merveilles.
Vivian Girls - Sixteen Ways
Sans oublier les refrains enjôleurs de Sixteen Ways et Vanishing Time que les filles nous décochent en plein cœur avec une facilité déconcertante. Les chants de Cassie Ramone et Katy Goodman n’ont d’ailleurs jamais été aussi complémentaires, la première transformant ses imprécisions en touchante vulnérabilité quand la seconde fait briller l’arrière-plan de chaque titre par son timbre stellaire, peaufiné en solo avec son projet La Sera. Face à une réussite aussi totale qu’imprévisible, Dum Dum Girls et autres Best Coast vont devoir élaborer leur riposte. Car elles pourraient bien se retrouver définitivement distancées par le feu sacré qui habite aujourd’hui Vivian Girls.
> Écoutez Share The Joy en intégralité.
Share The Joy dissipe instantanément nos doutes en s’ouvrant sur le beau et ombrageux The Other Girls, longue profession de foi de six minutes au tempo inhabituellement alangui : “I don’t want to live my life like the other girls/I don’t want to spend my time like the other girls/I don’t want to lie like the other girls/I just want to spend my time inside my mind”. En prônant l’introspection, l’horizon de ces jeunes rockeuses s’est brusquement élargi, et c’est toute une nouvelle palette de couleurs plus nuancées qui éclabousse leurs chansons. Les sprints successifs de Everything Goes Wrong (2009) ont cédé la place à des structures moins rectilignes et attendues, comme sur Trying To Pretend où l’alternance acoustique/électrique fait des merveilles.
Vivian Girls - Sixteen Ways
Sans oublier les refrains enjôleurs de Sixteen Ways et Vanishing Time que les filles nous décochent en plein cœur avec une facilité déconcertante. Les chants de Cassie Ramone et Katy Goodman n’ont d’ailleurs jamais été aussi complémentaires, la première transformant ses imprécisions en touchante vulnérabilité quand la seconde fait briller l’arrière-plan de chaque titre par son timbre stellaire, peaufiné en solo avec son projet La Sera. Face à une réussite aussi totale qu’imprévisible, Dum Dum Girls et autres Best Coast vont devoir élaborer leur riposte. Car elles pourraient bien se retrouver définitivement distancées par le feu sacré qui habite aujourd’hui Vivian Girls.
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