Même un amoureux de Liz Fraser ne pourrait jeter la pierre à Siobhan De Mare, chanteuse de Violet Indiana, sans faire preuve d'une mauvaise foi crasse. Car même si, par réflexe, notre inconscient s'attend à ce qu'aux arpèges de guitare de Robin Guthrie s'ajoute le timbre de sa comparse d'antan au sein des Cocteau Twins, la performance de De Mare est un pied de nez à la nostalgie. Force est de constater qu'elle chante aujourd'hui encore mieux qu'elle ne le faisait jadis au sein de Mono. Reste que Violet Indiana, qui s'est imposé, depuis un premier album intitulé Roulette, comme un projet qui tient la route, laisse perplexe, frustré même. Certes, Guthrie, sur une petite partie de Russian Doll, montre que quand il le veut, il reste à la hauteur de ses exploits passés, en tant que producteur sorcier et guitariste réverbérisé. Dommage, donc, qu'il tombe trop souvent dans la facilité et que la facture des morceaux se fasse irrépressiblement sirupeuse et d'une qualité qu'on n'hésiterait pas à qualifier de bassement commerciale. Le mauvais souvenir de galères underground, peut-être. Ou alors le problème résiderait-il dans le songwriting de Siobhan De Mare, pas vraiment à la hauteur ? Toujours est-il que Russian Dollévolue entre épicerie de luxe et supermarché. Jusqu'à même parfois provoquer une grimace de dégoût.
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quelle frustration en effet pour la fan des cocteau twins que je suis quand j'écoute violet indiana! certes robin guthrie est toujours aussi adroit et mélodique mais il faut croire que sa nouvelle compagne ne l'inspire guère! à mon avis il fait partie de ces hommes qui ont besoin d'admirer une femme pour donner le meilleur d'eux-mêmes, là il n'est pas amoureux, c'est clair. Liz fraser, femme spéciale, sauvage, portant dans sa voix son histoire douloureuse, ayant ce charisme, cette classe, cette grâce et à la fois cette force que seuls les gens profondément marginaux possèdent. Sa voix si originale, unique, était exactement la voix mystique qu'il fallait, en parfait accord avec la musique. à la fois lyrique, spirituelle et d'une intensité rageuse, passant de grave à aigue, tantôt rauque puis claire, portée à son point culminant, débordante de sensibilité et d'émotion... rien à voir avec celle de la nouvelle chanteuse, sans charisme, éteinte, série b, bas de gamme. Liz fraser n'est pas n'importe qui et ne se remplace pas aussi facilement. C'est une Barbara, un être sans égal. Pourquoi t'es-tu arrêtée de chanter? pourquoi nous priver du nectar de ta voix ? toi pour qui chanter semblait vital comme pour Barbara. On sentait le chant de liz fraser venir des tripes. à la fois douce et puissante, elle iradiait. Son visage à l'expression à la fois effrayée et solide d'une femme qui a vu des choses terribles avait quelque chose de celui d'une muse envoûtante. toute la densité des cocteau twins tenait aux tonalités subtiles de sa voix qui se propulasait comme un oiseau, parfois cassée et parfois fusant mais toujours extrrêmement juste. liz fraser comme le disait d'ailleurs robin guthrie, est l'une des meilleures chanteuses du monde. Femme douce et discrète dans la vie, elle vivait son art et explosait de charisme dans son chant. C'est si rare de voir des chanteuses insufler la vie à la musique comme si c'était elles qui l'avaient créée. on ne voit que des chanteuses sans créativité qui se contentent d'intérpréter ce qu'on leur donne à chanter (j'ai horreur des chanteuses françaises, bimbos qui misent tout sur le physique et la poudre aux yeux, n'ont aucune densité, aucune véritable personnalité.