Au moment où Liz Fraser sortait un remix techno de Underwater en catimini (deux cents exemplaires, au moins) à l'automne dernier, son ex sortait un single langoureux sous le nom de Violet Indiana qui augurait d'un retour en pleine forme de l'homme aux pédales aquatiques. Robin Guthrie s'est donc acoquiné avec la troublante Siobhan Di Maré, l'ancienne chanteuse de Mono, qui réussit la gageure de succéder à Fraser avec une aisance et une grâce qui évoque tantôt Julee Cruise (Liar) tantôt Jennifer Charles (Rage Days). C'est que les compositions que tisse Guthrie avec ce son familier et toujours inégalé, sont un écrin crépusculaire et vaporeux, où l'onirisme et l'étreinte amoureuse ne font qu'un. Pas une faute de goût dans cette Roulette ne vient gâcher la sensualité de cette ambiance (Little Echo), qui oublie heureusement de décalquer les Cocteau Twins, mais pas George Michael (Air Kissing). Avec Violet Indiana, Robin Guthrie signe peut-être là son projet le plus accessible, d'aucuns diront commercial, qui devrait lui assurer une seconde jeunesse. D'autant que cet album fait partie de ceux qui dévoilent leurs charmes au fil des écoutes. Faites plaisir à votre ami(e) et offrez-lui Violet Indiana, le plus court chemin pour des nuits étoilées.