Fort d'un maxi inaugural en clair-obscur qui prolonge les perspectives mélodiques autrefois tracées par The Wild Swans et autres Teardrop Explodes, Violens réveille avec maestria le fantôme d'une pop gracile qui allie inspiration d'un autre temps et fragilité moderne. Autrement dit, selon les anciens, le "putain-de-nouveau-meilleur-groupe-de-jeunes-qui-s'adressent-aussi-aux-vieux" répond ici à nos questions et nous en dit plus sur sa génèse, sa parenté avec Lansing-Dreiden, ce clip génial et la teneur d'un premier album forcément désiré.
Interview Célestine Albert.
Magicrpm.com : Votre site officiel propose aux visiteurs l'écoute de quatre de vos chansons en streaming, quelques photos, et un wagon d'articles élogieux. Un trop peu d’informations qui laisse beaucoup de questions sans réponse, comme par exemple celle-ci (une valeur sûre) : comment le groupe s'est il formé ?
Violens : A l'origine, Jorge Elbrecht (chant, guitare) a demandé à Ben Brantley (basse), Iddo Arad (clavier, chant) et Kris King (batterie) de venir l'aider à jouer sur scène quelques chansons qu'il avait en stock. Petit à petit, la formation est finalement devenue un groupe à part entière, s'appuyant sur les sentiments et les idées de ses quatre membres.
À quel moment avez-vous décidé de vous lancer dans le grand bain ?
C'était en octobre 2007. Nous jouions au Sway Loung de New York. On était assez nerveux au départ, mais finalement le concert s'est avéré super fendard, c'était bondé et... humide, dirons-nous. Ça nous a fait tellement plaisir de voir que les gens étaient à fond les ballons. Sinon, notre premier vrai spectacle dans une salle de concert s’est déroulé avec MGMT et Yeasayer au Bowery Ballroom.
La presse n'en finit plus de noyer Violens sous les dithyrambes. Vous êtes dans le Top 20 des meilleures chansons 2008 de Spin magazine, Time Out NY a décrit Violent Sensation Descends comme la chanson "parfaite", j'en passe et des meilleurs. Tout le monde attend beaucoup de votre premier essai. Comment gérez-vous cette intense attention ?
Nous sommes galvanisés par tous les retours obtenus jusqu'ici ! Tout va tellement vite ces temps-ci, mais nous savons que notre travail sera toujours soumis aux aléas de la critique, qu’ils soient positifs ou négatifs, et on est dans le milieu depuis assez longtemps pour garder la tête froide et rester concentrés sur nos objectifs. Il faut juste être “actif”, et le demeurer en permanence permet de ne pas trop réfléchir à tout ça.
Avez-vous des précisions à nous donner sur la date de sortie de cet essai inaugural ?
On est en train de le mixer en ce moment même. Ça dépendra du label sur lequel il sortira, mais normalement ça sera pour cet automne.
En ce qui concerne son contenu, sera-t-il dans la continuité du maxi ?
Bien sûr, les principaux attributs de Violens seront là : des harmonies vocales avec deux chanteurs, une guitare, un clavier et une batterie. Ça sera un album de rock avec un son qui se rapprochera plus de nos prestations live que du EP. Les quatre morceaux de celui-ci n'y figureront pas, à part peut-être Violent Sensation Descends. Nos influences resteront assez variées, mais une chose est sûre, une grande partie du disque sera puissante (aussi bien au niveau du volume que de la distorsion).
On raconte que Violens serait le plus anglais des groupes américains, voire même le plus liverpuldien. Quels sont vos trois formations préférées à venir de la ville des Reds ?
OMD, Dead Or Alive et Carcass.
Donnez-nous un exemple de premier album parfait ?
C'est difficile, il y en a tellement, et c’est pas jojo de se rappeler s’il s’agissait bien d’un premier album. Mais spontanément, je dirais l'essai éponyme de Krallice (2008). C'est la bande son indispensable de nos tournées quand on végète dans le bus.
Notre patron décrit votre musique comme "la fragilité des mélodies conjuguée à la beauté d'arrangements d'un autre temps". Avez-vous l'impression d’être déphasé, de vivre avec les goûts et les envies d’une autre époque ?
Vous pouvez remercier vot' patron, c'est gentil. Non, nous n'avons pas ce sentiment-là. D'ailleurs, nous ne pensons pas non plus que notre musique se base sur des sonorités anciennes. La seule époque avec laquelle nous nous sentons en phase est la seule que nous connaissons vraiment : le présent !
Vos paroles sont assez froides, parfois amères, et évoquent souvent des amours perdus, des rencontres avec de jolies filles un peu idiotes.
Elles ne partent pas forcément d’un traumatisme précis. En fait, nos paroles sont écrites de façon plus ou moins fragmentée. Certaines des chansons évoquent simultanément trois ou quatre idées différentes, ou plusieurs sujets confus en même temps. Du coup, on peut difficilement les approcher de manière littérale, elles doivent plus être envisagées de manière onirique.
D’Already Over émanent des relents de George Michael. Le clip suit d'ailleurs cette idée en superposant des extraits de ses vieilles vidéos. Il a été réalisé par la chanteuse de Chairlift, Caroline Polachek. Comment s'est passée cette collaboration ?
Elle a tout fait elle-même ! Elle a d’abord filmé les différentes parties et compressé des extraits trouvés en ligne avec son ordi portable, puis elle a transformé le tout en de superbes flous haute définition, avant de zoomer et de retailler les choses à son goût. Pour finir, elle a chorégraphié l'ensemble pour que ça colle avec la musique. C'est une superbe vidéo, aussi superbe que Caroline.
Jorge Elbrecht, vous apparteniez à Lansing-Dreiden. Avez-vous abandonné ce projet ?
J. Elbrecht : Lansing-Dreiden est toujours d'actualité, nous venons de sortir un EP digital via notre site internet et nous avons fait une expo en automne dernier. Je suis persuadé que mon expérience au sein de Lansing a nourri Violens, mais je vois ça comme un projet complètement à part.
Vous avez fait vos premiers pas en Europe ces dernières semaines en jouant notamment à Paris avec Camera Obscura. Quels souvenirs d’outre-Atlantique ?
Les gens étaient super, ils ont beaucoup dansé même si c'était la première fois qu'ils nous voyaient. C'était génial. On a été traités comme des chefs en France, on a mangé de la nourriture incroyable. Il y a juste eu un concert où on n’arrêtait pas de se prendre des petites décharges électriques à cause des micros. Nous avons été un peu décontenancés, mais finalement, ça a ajouté une petite étincelle au spectacle. D'ailleurs, on a fait des rêves étranges après cette soirée...
Au fait, quelle était la chanson de Death In June que vous avez reprise à Paris ?
C'était Behind The Rose (Fields Of Rape) (ndlr : sur l'album Nada!, 1985).
Interview Célestine Albert.
Magicrpm.com : Votre site officiel propose aux visiteurs l'écoute de quatre de vos chansons en streaming, quelques photos, et un wagon d'articles élogieux. Un trop peu d’informations qui laisse beaucoup de questions sans réponse, comme par exemple celle-ci (une valeur sûre) : comment le groupe s'est il formé ?
Violens : A l'origine, Jorge Elbrecht (chant, guitare) a demandé à Ben Brantley (basse), Iddo Arad (clavier, chant) et Kris King (batterie) de venir l'aider à jouer sur scène quelques chansons qu'il avait en stock. Petit à petit, la formation est finalement devenue un groupe à part entière, s'appuyant sur les sentiments et les idées de ses quatre membres.
À quel moment avez-vous décidé de vous lancer dans le grand bain ?
C'était en octobre 2007. Nous jouions au Sway Loung de New York. On était assez nerveux au départ, mais finalement le concert s'est avéré super fendard, c'était bondé et... humide, dirons-nous. Ça nous a fait tellement plaisir de voir que les gens étaient à fond les ballons. Sinon, notre premier vrai spectacle dans une salle de concert s’est déroulé avec MGMT et Yeasayer au Bowery Ballroom.
La presse n'en finit plus de noyer Violens sous les dithyrambes. Vous êtes dans le Top 20 des meilleures chansons 2008 de Spin magazine, Time Out NY a décrit Violent Sensation Descends comme la chanson "parfaite", j'en passe et des meilleurs. Tout le monde attend beaucoup de votre premier essai. Comment gérez-vous cette intense attention ?
Nous sommes galvanisés par tous les retours obtenus jusqu'ici ! Tout va tellement vite ces temps-ci, mais nous savons que notre travail sera toujours soumis aux aléas de la critique, qu’ils soient positifs ou négatifs, et on est dans le milieu depuis assez longtemps pour garder la tête froide et rester concentrés sur nos objectifs. Il faut juste être “actif”, et le demeurer en permanence permet de ne pas trop réfléchir à tout ça.
Avez-vous des précisions à nous donner sur la date de sortie de cet essai inaugural ?
On est en train de le mixer en ce moment même. Ça dépendra du label sur lequel il sortira, mais normalement ça sera pour cet automne.
En ce qui concerne son contenu, sera-t-il dans la continuité du maxi ?
Bien sûr, les principaux attributs de Violens seront là : des harmonies vocales avec deux chanteurs, une guitare, un clavier et une batterie. Ça sera un album de rock avec un son qui se rapprochera plus de nos prestations live que du EP. Les quatre morceaux de celui-ci n'y figureront pas, à part peut-être Violent Sensation Descends. Nos influences resteront assez variées, mais une chose est sûre, une grande partie du disque sera puissante (aussi bien au niveau du volume que de la distorsion).
On raconte que Violens serait le plus anglais des groupes américains, voire même le plus liverpuldien. Quels sont vos trois formations préférées à venir de la ville des Reds ?
OMD, Dead Or Alive et Carcass.
Donnez-nous un exemple de premier album parfait ?
C'est difficile, il y en a tellement, et c’est pas jojo de se rappeler s’il s’agissait bien d’un premier album. Mais spontanément, je dirais l'essai éponyme de Krallice (2008). C'est la bande son indispensable de nos tournées quand on végète dans le bus.
Notre patron décrit votre musique comme "la fragilité des mélodies conjuguée à la beauté d'arrangements d'un autre temps". Avez-vous l'impression d’être déphasé, de vivre avec les goûts et les envies d’une autre époque ?
Vous pouvez remercier vot' patron, c'est gentil. Non, nous n'avons pas ce sentiment-là. D'ailleurs, nous ne pensons pas non plus que notre musique se base sur des sonorités anciennes. La seule époque avec laquelle nous nous sentons en phase est la seule que nous connaissons vraiment : le présent !
Vos paroles sont assez froides, parfois amères, et évoquent souvent des amours perdus, des rencontres avec de jolies filles un peu idiotes.
Elles ne partent pas forcément d’un traumatisme précis. En fait, nos paroles sont écrites de façon plus ou moins fragmentée. Certaines des chansons évoquent simultanément trois ou quatre idées différentes, ou plusieurs sujets confus en même temps. Du coup, on peut difficilement les approcher de manière littérale, elles doivent plus être envisagées de manière onirique.
D’Already Over émanent des relents de George Michael. Le clip suit d'ailleurs cette idée en superposant des extraits de ses vieilles vidéos. Il a été réalisé par la chanteuse de Chairlift, Caroline Polachek. Comment s'est passée cette collaboration ?
Elle a tout fait elle-même ! Elle a d’abord filmé les différentes parties et compressé des extraits trouvés en ligne avec son ordi portable, puis elle a transformé le tout en de superbes flous haute définition, avant de zoomer et de retailler les choses à son goût. Pour finir, elle a chorégraphié l'ensemble pour que ça colle avec la musique. C'est une superbe vidéo, aussi superbe que Caroline.
Jorge Elbrecht, vous apparteniez à Lansing-Dreiden. Avez-vous abandonné ce projet ?
J. Elbrecht : Lansing-Dreiden est toujours d'actualité, nous venons de sortir un EP digital via notre site internet et nous avons fait une expo en automne dernier. Je suis persuadé que mon expérience au sein de Lansing a nourri Violens, mais je vois ça comme un projet complètement à part.
Vous avez fait vos premiers pas en Europe ces dernières semaines en jouant notamment à Paris avec Camera Obscura. Quels souvenirs d’outre-Atlantique ?
Les gens étaient super, ils ont beaucoup dansé même si c'était la première fois qu'ils nous voyaient. C'était génial. On a été traités comme des chefs en France, on a mangé de la nourriture incroyable. Il y a juste eu un concert où on n’arrêtait pas de se prendre des petites décharges électriques à cause des micros. Nous avons été un peu décontenancés, mais finalement, ça a ajouté une petite étincelle au spectacle. D'ailleurs, on a fait des rêves étranges après cette soirée...
Au fait, quelle était la chanson de Death In June que vous avez reprise à Paris ?
C'était Behind The Rose (Fields Of Rape) (ndlr : sur l'album Nada!, 1985).