Vic Moan est un musicien pour le moins précoce. En effet, dès l'âge de 6 ans, il enregistre ses premières comptines pour la fête annuellede son école. Le virus de la composition est ancré au plus profond de son être. Avec sa mandoline électrique, il parcourt les États-Unis d'Est en Ouest. Troubadour des temps modernes, il enrichit son propre patrimoine culturel en mélangeant diverses disciplines artistiques (peinture, musique). Depuis le début des années 80, Vic Moan est un Américain à Paris. Il rompt alors avec un passé d'activiste de l'underground punk pour se rapprocher des valeurs jazzy de Sun Ra (Paris By Night), de la soul d'Al Green (Soul Kiss), du reggae d'U Roy (You Don't Love Nobody) ou du rock majestueux de Roy Orbison (Some Call It Love). Aidé à la production artistique du violoncelliste Vincent Segal et du batteur Cyril Atef, compagnons scéniques de M et acteurs privilégiés du groupe Bumcello, Vic Moan mitonne de petits brûlots dadaïstes assaisonnés de rythm'n'blues mélancolique. La sauce prend et se révèle être plutôt savoureuse. Rien d'étonnant à cela puisque, parmi les nombreuses activités de notre homme, il a été marchand de sandwiches. Cet album éponyme à la curiosité exemplaire et à l'ouverture d'esprit universelle se place à la table des grands chefs du guide Michelin. Les intégristes de la pop perdraient autant leur temps à chercher une poutre dans l'oeil de leur voisin qu'une tomate bien ronde dans l'oeil de Vic Moan.