A Lire
Silver Lake
archive mag avril 2003
Soyez le premier à réagir
Le label d'Austin New West Records est-il en passe de devenir le nouveau refuge des SDF (songwriters devenus familiers ) ? Après Mark Eitzel, c'est en effet au tour de Vic Chesnutt de trouver sa place au sein d'une écurie qui ressemble généralement à une maison de préretraite (Stan Ridgway, John Hiatt...). En perdition progressive depuis quatre albums, le protégé de Michael Stipe, originaire comme lui d'Athens, ne s'est jamais totalement remis de la publication de Is The Actor Happy? (1995), le Graal artistique après lequel il court depuis (sans mauvais jeu de mots). Évidemment, sa voix déchirante comme un cri dans la nuit a souvent fait le reste, gravant ici ou là quelques moments d'exception. Renouant avec la majesté orchestrale d'antan (les impressionnantes Stay Inside en deuxième plage et In My Way, Yes en conclusion finale), Chesnutt convainc de nouveau sur la longueur d'un disque, qui s'étire pourtant durant près d'une heure. Du folklore chantant de Band Camp à la ballade lambchopienne Girls Say, de l'autobiographique Styrofoam à la complainte bouleversante de Sultan, So Mighty, les motifs d'enchantement ne manquent pas, même si l'on connaît malheureusement leur source d'inspiration. D'ailleurs, sur la pochette de ce lumineux Silver Lake, Vic pose allongé dans l'herbe, l'air à la fois absent et serein. Au fond du jardin, on distingue son fauteuil roulant, une béquille éternelle qu'il panse, faute de mieux, par ses chansons. Légitime (o)raison.
Franck Vergeade
article extrait de :
MAGIC RPM #70
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :