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Night On Fire
archive mag août 2005
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Avec son lot de chemicaleries et de bootlegs, la dernière décennie a esquissé des premiers pas maladroits, mais sincères, vers une vraie ouverture des champs musicaux. C'est en bout de chaîne qu'arrive enfin un groupe capable de synthétiser avec conviction l'esprit dance dans un écrin rock. VHS Or Beta n'a jamais voulu choisir son camp entre ses penchants indie et electro, faisant le grand écart entre des Ep's sous influence Sonic Youth et un Lp, Le Funk, sous haute perfusion french touch. Qu'à cela ne tienne. Son deuxième album transcende donc avec un naturel déconcertant ses emprunts au groove de Daft Punk, aux mélodies vocales de The Cure et aux accroches pop de Duran Duran, et évite habilement la citation fanatique mortifiée. Ce quatuor de Louisville emmené par Craig Pfunder, chanteur amérasien soigneusement à la mode jusqu'au bout de ses mèches laquées (mais pas Lacquer), détient quelques cartouches pour envoyer ses morceaux bien plus loin que la piste du Baron, bar parisien qui a accueilli ses premiers pas scéniques hexagonaux le 2 juin dernier. Son très fédérateur single Night On Fire, rondement mené par une guitare tous gimmicks dehors et une voix androgyne, joue passionnément la carte des clichés. Entièrement dédié à la nuit et à ses diverses créatures, qu'elles soient vampirisées ou raveuses, cet album conceptuel repose sur l'hédonisme moite et l'optimisme fardé d'hymnes proto-gothiques sophistiqués et efficaces (The Melting Moon, Forever, You Got Me ou Alive). Même si la turbo-disco de Nightwaves ou Dynamize annonce la décadanse, tous effets de manche bavards et démonstratifs dehors, l'ensemble ne manque pas de P(ro)funder.
ESTELLE CHARDAC
article extrait de :
MAGIC RPM #93
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