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Du groupe qui a livré Welcome To The Modern Dance Hall en 1999, il ne reste plus que le chanteur-guitariste Marc A. Huyghens et le violoniste Christian Schreurs. Exit le scénographe et la section rythmique batterie-contrebasse. Bizarrement, les Bruxellois n'ont pas intégré de claviériste alors que piano, orgues, synthés ou séquenceur sont très présents sur ce deuxième album. Avec une tonalité plus sombre, plus rêveuse aussi, ce disque préserve le parti-pris acoustique qui fait l'identité de Venus. La richesse d'arrangements ici déployée n'étonne pas de la part d'une formation qui a livré un concert enregistré avec un orchestre symphonique. Venus explore en détail l'art des ballades teintées de merveilleux, jouant entre les éléments sonores éthérés et les piquants carillons (le fragile Happiness en belle introduction). Avec sa séquence obsessionnelle, Wanda Wultz figure parmi les plus beaux morceaux, car porté par une intensité dramatique qui manque parfois aux titres plus apaisés. Cette histoire de paranoïa et de confusion d'identité, thème récurrent qu'on retrouve partiellement dans un Asia au violon déchirant qui évoquerait le Tuxedomoon de la grande époque, fait office de doux venin. Plus loin, les harmonies vocales planantes et la guitare tout en demi-ton de Vertigone approchent l'univers popularisé par Sigur Rós alors que Running At Full Speed, avec sa chorale d'enfants, réintroduit la tension, le frottement moins confortable, qui fait la personnalité de Venus.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #68
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