Philosophe au sujet des aléas et vicissitudes du marché du disque, le label manceau Monopsone (qui s'apprête à lancer l'attendu deuxième Lp de Laudanum) fait une fois encore preuve de flair avec, en provenance de notre voisine Confédération Helvétique, Velma, trio formé à Lausanne. Quasi inconnue ici, la formation n'en est pas moins auteur de trois albums (dont Cyclique, pour le label californien Emperor Norton), qui affichent l'assurance de ceux qui ont pu roder les rouages de leur machine d'assaut sonique, grâce à une longue et conséquente expérience de la scène... D'entrée, avec 32 Offices et Growing Confusion, les intentions musicales de Christian Garcia (guitare et électronique), Christophe Jaquet (voix) et Stéphane Vecchione (batterie lourde et métronomique) sont claires. Écrire du rock mélancolique sur du circuit imprimé, et le couler ensuite dans du béton alvéolaire ! D'aspect organique, la musique de La Pointe Farinet 2949m est colonisée d'électronismes qui s'installent comme la vigne vierge le fait pour habiller la roche, en s'agrippant aux plus petits recoins et interstices. Quand certaines intonations font parfois penser à Tarwater (Metropolis) et même à Day One (100% Sure), d'autres renverraient plus vers le krautrock d'Amon Düül (époque Yeti et Dance Of The Lemmings), ou alors My Bloody Valentine repris par The Beta Band (Private Perfection). Invités transatlantiques, les dark hoppers new-yorkais de Dälek viennent à leur tour se glisser dans de lancinantes Voices Of The Ether. Joseph-Samuel Farinet, faux-monnayeur et espèce de Robin des Bois suisse du XIXe siècle, aurait sûrement apprécié l'aisance avec laquelle ces jeunes gens ne manquent que très rarement d'air... Même à cette altitude !